Paréidolie 2025, la 12ᵉ édition du salon du dessin contemporain au Château de Servières


La 12ᵉ édition de Paréidolie, Salon International du Dessin Contemporain, se tiendra du 29 au 31 août 2025 au Château de Servières à Marseille. Fidèle à son format à taille humaine, le salon réunit cette année 24 galeries et éditeurs, venus de France, de Suisse, de Belgique, d’Allemagne et d’Espagne. Une programmation exigeante qui met comme toujours en valeur toutes les formes du dessin contemporain.

Parmi les artistes à suivre…

On attend particulièrement les œuvres de Dominique De Beir, présentée par la Hopstreet Gallery (Bruxelles). On se souvient de la dernière étape de son cycle « Accroc & Caractère » en six étapes qu’elle avait présenté l’hiver dernier au musée Fabre de sa très belle exposition à la Galerie AL/MA à Montpellier. On retrouvera donc avec beaucoup d’intérêt ses papiers perforés, travaillés par un geste répétitif qui « explore la surface des choses en usant de la percée, de la trouée, parfois jusqu’à la limite de la résistance du matériau »…

Dominique De Beir Sils Jaune, 2009 Impacts, carbone noire, papier jaune 28 x 21 cm ; Herbier, 1998 Encre sur papier comptable 29 x 49 cm ; Braille 6, 2008 Peinture et perforations sur papier 32 x 20 cm ; et Macule, 2016 Stylo à bille, cire de paraffine sur papier imprimé 92 x 60 cm. Courtesy de l’artiste et de Hopstreet Gallery – Paréidolie 2025

La Galerie Bernard Jordan (Paris, Zurich) réunira quant à elle Hippolyte Hentgen, dont le duo détourne avec humour et ironie les images de la culture populaire, Renée Levi, qui déploie une peinture gestuelle et colorée, et Marine Pagès, dont les lignes fines et vibrantes dessinent des espaces sensibles, entre rigueur et fragilité.

Hippolyte Hentgen Patterns (big horse) Pastel tendre sur papier 160 x 120 cm ; Renée Levi Tohu-Bohu, 2005 Acrylique sur papier couché 29,7 x 42 cm et Marine Pagès EnormeToiMm (MementoMori), 2024 Encres et crayons de couleurs sur papier 29,7 x 42 cm ©adagp Courtesy de l’artiste et de la Galerie Bernard Jordan – Paréidolie 2025

On retrouvera aussi avec plaisir Barbara Carnevale et la Galerie Françoise Besson dans un dialogue très attendu autour de ses carnets découpés de Christine Crozat. Dès le 30 août et jusqu’au 7 novembre prochain, Isabelle Carta accueillera Barbara Carnevale au 33, rue Saint-Jacques pour une exposition personnelle intitulée Les espaces potentiels.

Barbara Carnevale Maquette pour recherche autour de la refiguration d’une trame 60 x 22 cm et Sans-titre Dessin au fil sur toile 100 x 100 cm ; Christine Crozat Dissémine, 2023 Technique mixte sur papier 29,7x21cm © Bertrand Hugues et Carnet cinéma 01, Jean-Luc Godard, Adieu au langage 21 x 29,7 cm (fermé) Courtesy de l’artiste et de la Galerie Françoise Besson – Paréidolie 2025

La galerie Cable Depot de Sofia, également invitée à Art-o-rama 2025, présentera pour sa part des œuvres d’Amikam Toren issues des séries Derniers Dessins et Institut Insomniaque.

Amikam Toren Dessin automatique 01 et Dessin automatique 02. Crayon et acrylique sur papier Sans titre et sans date Signé par l’artiste au dos et initiales sur l’avant Courtesy de l’artiste et de Cable Depot – Paréidolie 2025

D’autres découvertes seront sans aucun doute au rendez-vous.

Jérémie Setton, artiste invité de Pareidolie 2025

L’artiste invité de cette 12ᵉ édition est Jérémie Setton. On se souvient de la présence de son travail dans plusieurs expositions à Marseille et dans la région. On attend avec intérêt ses nouvelles œuvres sur papier. L’artiste se définit comme « un peintre qui réalise ses œuvres dans l’espace avec de la couleur et de la lumière » et se distingue par sa capacité à expérimenter avec les médiums et les matériaux – papier, bois, encre, fusain, peinture, eau, savon, béton, vidéoprojections, lumières…

Jérémie Setton Sans titre, 2025 et Sans titre, 2025. Série Les lumières rasantes Pierre noire sur torchon Env. 45 x 60 cm ; Deuxième Génération – Saut en hauteur. Dessins à l’eau et savon d’Alep sur panneau de placoplatre 140 x 190 cm et Dessins après Tracing Faces, 2015 Fusain sur papier, 62 X 48 cm. Courtesy de l’artiste – Paréidolie 2025

Frédéric Pajak, invité d’honneur de Pareidolie 2025

Le dessinateur et écrivain Frédéric Pajak sera l’invité d’honneur dans le Passe-parole, un nouvel espace de rencontres et discussions qu’inaugure Pareidolie 2025. Connu pour sa série Manifeste incertain, qui croise textes littéraires, autobiographiques et dessins en noir et blanc, Pajak est aussi le fondateur de la collection des Cahiers dessinés et, plus récemment, du Festival du Dessin d’Arles, dont il assure la direction.

Frédéric Pajak Le Monde 01 Encre sur papier 29,7 x 21 cm et Van Gogh tombes 001 Encre sur papier 29,7 x 21 cm. Courtesy de l’artiste – Paréidolie 2025

Son œuvre défend depuis longtemps le dessin comme un langage majeur, à part entière, capable de porter aussi bien la pensée critique que l’imaginaire poétique.
Il dialoguera avec le journaliste et ancien galeriste Alain Paire lors d’une rencontre programmée le samedi 30 août à 17h, moment très attendu de Pareidolie 2025.

Carte blanche aux Musées de Marseille & performances tatouées

Chaque année, Paréidolie confie une carte blanche à une institution partenaire. En 2025, ce sont les Musées de Marseille, en collaboration avec Fotokino, qui présenteront Portraits de Marseillais·es tatoué·es. Depuis plusieurs mois, quatre illustrateurs et illustratrices – Nine Antico, Simon Roussin, Bonnefrite et Zoé Jollive – accompagnés par l’autrice Annabelle Perrin, ont esquissé les portraits de Marseillais·es tatoué·es. Ensemble, ils ont collecté images, voix et récits, offrant une lecture sensible et plurielle du tatouage à Marseille, en lien avec ses multiples connexions méditerranéennes.

Cagne Canine (Zoé Jollive, dite) Enzo, 30 ans, mécano dans la peau et Nine Antico Daria, 33 ans, sa carte, son territoire. Portraits de Marseillais·es tatoué·esParéidolie 2025

Certains de ces portraits, réalisés au fil du projet, sont accrochés dans l’exposition « Tatouage. Histoires de la Méditerranée » actuellement présentée au Centre de la Vieille Charité.

Anne van der Stegen, Série Marseille 2013, photographie, 23 x 30 cm © Anne van der Stegen – Marseille dans la peau

Leur présence a suscité rencontres et récits parmi les visiteurs et visiteuses. Tour à tour légers, poignants ou graves, ces portraits s’ancrent dans les quartiers de la ville et reflètent des parcours individuels et collectifs, au croisement des générations et des cultures. Ils prolongent ainsi l’exploration historique menée dans l’exposition et inscrivent l’héritage millénaire du tatouage méditerranéen dans le présent.
Un recueil rassemblant l’ensemble des portraits paraîtra en septembre 2025, publié par Fotokino à Marseille.

En écho à cette carte blanche, l’artiste Jimmy Richer – que l’on retrouve régulièrement en Occitanie et qui présente actuellement Étranges pulpes à la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon – proposera des performances tatouées. Pendant toute la durée du salon, il partagera sa vision personnelle de la cartomancie à travers un travail graphique autour du tarot. Selon un protocole défini pour la performance, chaque participant·e inscrit·e se verra proposer un tirage de cartes ; la dernière carte tirée sera retenue comme motif d’un tatouage « à l’aveugle ».

Jimmy Richer Tarot du Rameau d’or, 2020 Encre de Chine sur papier Edition de 100 et Planche de tatouages éphémèresParéidolie 2025

Dans le cadre du partenariat avec les Musées de Marseille, Jimmy Richer a également été invité par le Musée des Beaux-Arts à puiser cet été dans les collections permanentes pour concevoir une série de tatouages éphémères inspirés des chefs-d’œuvre du musée. Il a ainsi repris et détourné les titres d’une dizaine d’œuvres – Le Ravissement de sainte Madeleine devenant par exemple Le Ravissement du Mécène – pour proposer un écho satirique au contexte du Salon.

Chronique à suivre après le vernissage de Pareidolie 2025

En savoir plus :
Sur le site de Pareidolie 2025
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Comité de sélection de Pareidolie 2025

Le comité de sélection des galeries est présidé chaque année par une personnalité du monde de
l’art : après Bernard Blistène, Olivier Kaeppelin, Paul Ardenne, Chiara Parisi, et Jean de Loisy – qui nous a accompagné pendant plusieurs années – en 2025, pour cette 12e édition, la président est Fanny Robin, commissaire d’exposition et historienne de l’art.
Les membres du comité sont : Nicolas Daubanes, artiste ; Thierry Forien, collectionneur et commissaire d’exposition ; Josée Gensollen, collectionneuse ; Karima Celestin, entrepreneuse culturelle ; Pascal Neveux, directeur du Frac Picardie ; Marine Pagès, artiste, co-fondatrice et co-rédactrice en chef de Roven, revue critique sur le dessin contemporain ; Michèle Sylvander, artiste ; Gérard Traquandi, artiste

Le comité de pilotage est comme toujours assuré par Martine Robin, Françoise Aubert et Michèle Sylvander

Faire le pari de Paréidolie – Edito de Fanny Robin, historienne de l’art, directrice artistique de la Fondation Bullukian et Présidente de Pareidolie 2025

Paréidolie. Voilà qu’en un seul mot, le ton est posé et l’imaginaire convoqué.

Par ici, rien d’ostentatoire : on préfère la justesse du mot à la surenchère de vocabulaire. À la fois non conventionnel, intrigant et poétique, précis tout en étant suggestif, le nom donné à l’événement marseillais est une invitation qui sonne comme une promesse.
C’est bien cela, il me semble, tout le pari de Paréidolie : stimuler notre curiosité, célébrer le dessin contemporain en dépassant la simple expérience visuelle pour ouvrir nos regards sur de multiples univers artistiques et donner matière à la rencontre.

Car depuis plus de 12 ans, Paréidolie est à la hauteur de ses ambitions en proposant un rendez-vous d’art contemporain très exigeant qui ne transige pas pour autant sur la convivialité. Avec son format souhaité volontairement intimiste, Paréidolie se distingue par son échelle à taille humaine, par la qualité de son accueil et la proximité des échanges qu’elle offre aux artistes, galeristes, collectionneurs, amateurs et visiteurs qui la parcourent. Une approche singulière et réjouissante qui permet à chacun d’y trouver sa place, d’y faire de belles découvertes et vers laquelle nous revenons fidèlement à chaque édition.

Paréidolie, c’est donc cette atmosphère toute particulière, chaleureuse et solaire, que l’on doit aussi à son équipe. Brillamment incarnée par un petit collectif uni par la même énergie, porté par la confiance des galeries et des artistes, on sent un amour sincère du médium et un engagement fort pour sa valorisation. Ici, chaque proposition est parfaitement située mais pour autant, rien ne semble figé : on parcourt la foire comme on circule dans un écosystème vivant où tout le monde s’active et vibre au rythme du dessin.

Cette année encore, à travers la diversité des galeries accueillies, on mesure à quel point le dessin contemporain se porte bien : il ne cesse de se réinventer, ouvre de nouveaux passages en poussant (sur) les murs du Château de Servières et continue de déplacer les lignes avec des propositions parfois inattendues.

Participer au jury de Paréidolie a été pour moi une expérience aussi stimulante qu’engageante et j’en repars profondément nourrie, un peu à la manière d’un grand banquet entre amis qui réunit des personnes aux horizons variés, où les opinions se croisent, se développent puis s’alignent et où les discussions, parfois un peu houleuses mais toujours heureuses, permettent finalement de s’accorder.
Vous l’aurez compris, Paréidolie n’a pas seulement tenu son pari : elle continue de relever chaque année de nouveaux défis.

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