Rodolphe Huguet – L’intraitable beauté du monde à la galerie AL/MA, Montpellier


Jusqu’au 11 avril 2026, Rodolphe Huguet présente « L’intraitable beauté du monde », une indispensable exposition à la galerie AL/MA qui prolonge et complète la sélection qu’il montre au MO.CO. dans le cadre de SOL ! La biennale du territoire #3. Elle rassemble une douzaine d’œuvres qui témoignent de la singularité d’un artiste dont le « faire avec » métamorphose les rencontres en sculptures. Des masques en bronze aux cagettes meurtries par les impacts de balles, des ronces transformées en cimaises aux caméras de surveillance ironiques, l’accrochage déploie avec sobriété et cohérence un parcours où se lisent les fractures du monde contemporain et les préoccupations sociales et politiques de l’artiste.

Rodolphe Huguet - L’intraitable beauté du monde à la galerie AL/MA, Montpellier. Photo Paula Granoux Vidal
Rodolphe Huguet – L’intraitable beauté du monde à la galerie AL/MA, Montpellier. Photo Paula Granoux Vidal

La démarche artistique de Rodolphe Huguet, plusieurs fois évoquée ici, se nourrit de voyages et du partage d’expériences. Le travail est toujours au cœur de sa réflexion qui observe les savoir-faire et les techniques propres à chaque activité sans jamais en oublier le contexte social et politique.

On se souvient de la manière dont il avait investi tous les espaces de la Maison Rouge-Musée des vallées cévenoles en 2022 avec « Roro circus in Cévennes», dans un climat difficile.
Son exceptionnelle exposition « Bon Vent» au Frac Provence-Alpes-Côte d’Azur en 2018/2019, suite à un travail en immersion avec la tuilerie Monier à Marseille, avait marqué les esprits.
L’été suivant, il posait ses valises et ses « Warchitectures » au CACN à Nîmes pour « Pour rêver une liberté retrouvée dans une maison sans murs». On en découvrait quelques traces un peu plus tard à la Villa Datris à L’Isle-sur-la-Sorgue. On se rappelle également sa présence à Arles, où il présentait dans « Stone Power» un ensemble d’œuvres réalisées suite à plusieurs voyages dans la région du Minas Gerais au Brésil entre 2011 et 2014. Toujours à l’ancienne galerie quatre, il exposait dans « Méditer-année 2015» une pièce, aujourd’hui accrochée entre les deux portes-fenêtres de la galerie AL/MA.

Rodolphe Huguet - L'École des beaux-arts de Montpellier _ une histoire singulière au MO.CO. Montpellier
Rodolphe Huguet – L’École des beaux-arts de Montpellier – une histoire singulière au MO.CO. Montpellier. Graines de conserve, 2021-2022. Boîtes de conserves en terre cuite émaillée, technique à la corde. Collection de l’artiste

Il a fallu attendre ce projet du MO.CO. consacré à l’École des beaux-arts de Montpellier pour que Rodolphe Huguet trouve enfin l’occasion de montrer son travail à Montpellier.

Rencontres et partages : une pratique du « Faire avec »

La production artistique de Rodolphe Huguet est toujours étroitement liée aux multiples rencontres qu’il a faites en France et à travers le monde. « Dans mon parcours, les collaborations avec les artisans m’ont beaucoup apporté. En effet, la rencontre avec l’autre, l’échange, le partage font partie de moments privilégiés, rares et intenses qui nourrissent la genèse des idées, et me permettent de mieux comprendre, d’apprécier une personne, son métier, sa culture. Puis il y a les rencontres dont on ne parle pas, mais qui parlent pour vous. », expliquait-il en 2010 à l’occasion de l’exposition « Faire danser l’anse du panier ». Un peu plus loin, il ajoutait : « (…) les choses naissent de mes expériences, de mon regard et de mon rapport au monde. La source des idées est inépuisable, il y a une quantité innombrable de facteurs qui peuvent la provoquer. Je suis de nature assez curieuse, j’observe en permanence ce qui m’entoure et ce sont souvent ces constats du monde dans lequel j’évolue qui génèrent une idée de pièce. Je guette, je fouine afin de retrouver la chaîne et la trame de n’importe quel réseau de situations. Cette énergie dans le mouvement m’apporte les éléments culturels et politiques nécessaires à mon compost. Cela peut m’amener à des travaux très réfléchis qui mûrissent et se développent dans le temps, comme à des actions quasi immédiates à même la rue et ses passants. Cela peut être aussi un matériau, un croquis, une phrase, un objet qui déclenche le réveil d’un vieux projet ensommeillé. Tout pour moi est nourriture et mes manières de travailler sont multiples, je ne me pose aucune contrainte ni limite de territoire ».

Dans son introduction à la monographie RoRo Manifesto publiée en 2009, Pascal Beausse résumait avec beaucoup de pertinence la démarche de cet artiste nomade dont in situ et in vivo, le monde est son atelier :
« L’art de Rodolphe Huguet consiste en un pragmatisme poétique du “faire avec”. Faire avec la Terre et ses habitants. Faire avec la jubilation de la trouvaille, de l’invention et de la débrouille. Faire avec les rêves et le hasard heureux. Faire avec la vie. Le travail de l’artiste, c’est de créer des formes qui disent le monde dans lequel elles apparaissent. Mieux qu’un ouvrage de théorie culturelle : une œuvre de Rodolphe Huguet — un tissage, un pliage, un bricolage. Extension du domaine de l’activité artistique : la vie continue. Un shoot de réel, c’est ce qui donne une bonne pièce ».

À propos de « Les gens pressés sont déjà morts » à la galerie Telma de Rouen en 2022, Paul Ardenne soulignait dans Artpress : « Ses créations, de toutes matières, du textile au verre et au papier, de la terre cuite au métal et aux objets détournés, sont, pour reprendre le titre d’un recueil de poèmes de Blaise Cendrars, “du monde entier”».
On ne sera pas surpris que le titre choisi pour ce projet à la galerie AL/MA fasse référence au livre d’Édouard Glissant et de Patrick Chamoiseau, L’intraitable beauté du monde : adresse à Barack Obama. Les deux écrivains y appelaient le président américain à une réflexion entre poétique et politique sur ce que pourrait être le monde de demain.

L’exposition « L’intraitable beauté du monde »

Rodolphe Huguet - L’intraitable beauté du monde à la galerie ALMA, Montpellier. Photo Paula Granoux Vidal
Rodolphe Huguet – L’intraitable beauté du monde à la galerie ALMA, Montpellier. Photo Paula Granoux Vidal

L’exposition rassemble une douzaine d’œuvres issues de différentes séries, réalisées avec des protocoles variés. Les plus anciennes datent du milieu des années 2000, les plus récentes de ces derniers mois. Avec sobriété et cohérence, l’accrochage esquisse un paysage judicieux du « Faire avec » et des préoccupations de l’artiste.

Paniers et cagettes : un étrange face-à-face…

À droite de l’entrée, trois masques en bronze poli inspirés par de vieux paniers d’osier s’opposent dans un étrange face-à-face aux trois cagettes tordues de la série « Le jardin des délices ». Réalisées l’an dernier, ces dernières témoignent de l’effroi de l’artiste devant les guerres et les massacres de populations civiles qui se multiplient.

Rodolphe Huguet - L’intraitable beauté du monde à la galerie ALMA, Montpellier. Photo Paula Granoux Vidal
Rodolphe Huguet – L’intraitable beauté du monde à la galerie ALMA, Montpellier. Photo Paula Granoux Vidal

Depuis une résidence organisée en 2006 dans une communauté de communes rurales de Haute-Saône à proximité de la Fonderie Deroyaume, Rodolphe Huguet a multiplié, avec la collaboration des artisans, les créations en bronze. La série des Masque (2009-2010) a été produite à partir de fragments de paniers en osier. Ces œuvres transforment un objet usé, associé au marché, en sculpture révélant une figure, une parodie de visage, moqueur ou menaçant. Cette série fait aussi écho à la vannerie, une pratique toujours importante en Haute-Saône où plusieurs artistes travaillent l’osier cultivé dans la région.

Rodolphe HuguetL’intraitable beauté du monde à la galerie AL/MA, Montpellier. Masque #1, 2010, bronze (fonderie Deroyaume), 48x49x12 cm et Masque #2, 2010, bronze (fonderie Deroyaume), 36x30x18 cm

Rodolphe Huguet - L’intraitable beauté du monde à la galerie AL_MA, Montpellier
Rodolphe Huguet – L’intraitable beauté du monde à la galerie AL/MA, Montpellier. Masque #3, 2010, bronze (fonderie Deroyaume), 39×32,5×12 cm

Ces masques en bronze nous observent-ils, ou regardent-ils les cagettes qui leur font face ? Sont-ils habités par quelque spectre ? Citant Claude Lévi-Strauss, « Pour les Pomo, peuple indigène de Californie, l’esprit du panier loge dans le décor tressé ; c’est son village », le texte qui accompagnait certaines de ces œuvres lors de l’exposition « Le poids de rien » à Belfort en 2012 ajoutait avec finesse : « la nécessité de ménager une porte dans la continuité du motif pour permettre à l’esprit du panier, quand il meurt, de s’échapper afin de gagner un séjour céleste »…

Abstraction faite de toute interprétation animiste, en passant de l’osier vers le bronze, ces paniers usagés n’acquièrent-ils pas une forme d’éternité qui les inscrirait dans l’histoire de la sculpture ?

Face à ces trois masques, l’accrochage présente trois cagettes de la série « Jardin des Délices ».

Rodolphe Huguet - L’intraitable beauté du monde à la galerie AL_MA, Montpellier
Rodolphe Huguet – L’intraitable beauté du monde à la galerie AL/MA, Montpellier. Cagette, #1, 2025, 41x33x15 cm, ciment, peinture à l’huile, brûlures, confiture de mûres, cendres, arrière-plan : bombe aérosol fluo ; Cagette, #2, 2025, 52x32x24cm, ciment, peinture à l’huile, brûlures, confiture de mûres, cendres, arrière-plan : bombe aérosol fluo et Cagette, #3, 2025, 40,5x32x21cm, peinture d’aluminium, peinture à l’huile, fusain, brûlures, confiture de mûres, argile, ciment, arrière-plan : bombe aérosol fluo

Invitent-elles, elles aussi, à repenser les supports de l’art autant que ses symboles ? La galeriste Viviane Zenner, qui exposait cet ensemble inédit à l’automne dernier, soulignait que ces œuvres fragiles employaient « un matériau à la fois humble et chargé d’histoire : la cagette en peuplier ». Puis elle ajoutait : « Avant l’avènement de la toile, ce bois souple servait déjà de support aux peintres. Aujourd’hui relégué à la fonction utilitaire de transporter fruits et légumes, il est réinventé par Huguet comme surface picturale »…


Au-delà des nuances inspirées par les couleurs du triptyque de Jérôme Bosch conservé par le Musée du Prado, ce « Jardin des Délices » pourrait aussi évoquer la profusion et la fertilité… Mais le titre complet de cette série, également présentée au MO.CO., est « Jardin des Délices/Warchitectures ». En regardant avec attention, on remarque que des impacts de balles traversent le bois de peuplier brûlé et couvert de cendre par endroit. La face arrière peinte à la bombe aérosol fluorescente laisse entrevoir par reflet sur la cimaise les incendies qui ravagent l’Ukraine, Gaza, le Liban et le Moyen-Orient…

Ronces, barbelés et Nid d’aile : l’accrochage en question…

Face à l’entrée, deux ronces en bronze peint en blanc tiennent le rôle de cimaises, en attente de tableaux.

Rodolphe HuguetL’intraitable beauté du monde à la galerie AL/MA, Montpellier. Cyma n°3 (cimaise), 2008, Ronces en bronze, voile de peinture carrosserie blanche, 126 x 188 x 4,5 cm. Photos Paula Granoux Vidal

Clin d’œil au matériel utilisé par les galeries d’art avant que le White Cube ne s’impose, elles semblent prêtes à « accrocher » ce qui viendrait s’en approcher. Dans un texte à propos de cette série « Cyma », Guillaume Mansart souligne avec justesse : « Toutes épines sorties, les végétaux, figés dans un métal qui les rend encore plus agressifs, jouent définitivement l’accrochage comme une écorchure, une cicatrice. Les “Cyma”, puisque tel est leur titre, opposent leur dangereuse rugosité à la surface lisse du tableau et paraissent préférer la balafre aux paysages ou aux scènes de genre. En les observant dans le détail, on peut d’ailleurs voir qu’elles ont pris le parti de la peinture de carrosserie contre celui de la peinture à l’huile ».

Rodolphe Huguet - L’intraitable beauté du monde à la galerie AL/MA, Montpellier. Photo Paula Granoux Vidal
Rodolphe Huguet – L’intraitable beauté du monde à la galerie AL/MA, Montpellier. Sans titre (Montgolfière), 2015, tapisserie sur châssis, fils de fer barbelé, 88 x 95 x 13 cm. Photo Paula Granoux Vidal

À l’opposé, entre les deux portes-fenêtres qui ouvrent sur le Plan du Palais, on retrouve une pièce découverte à la galerie quatre d’Arles dans l’exposition « Méditer-année 2015 ». À partir d’un canevas de tapisserie avec un motif de montgolfières chiné aux puces, Rodolphe Huguet prolonge les nuages stylisés par les spires d’un rouleau de fil de fer barbelé datant de la Seconde Guerre mondiale… Produite en écho aux drames vécus par les migrants en 2015, l’œuvre résonne ici avec les deux ronces en bronze qui lui font face dans l’attente d’accrocher quelque chose… Le regard des visiteur·euses ? leur compassion ? leur résistance ? Dans son texte, Guillaume Mansart rappelle que la « ronce artificielle » est l’ancien nom du fil de fer barbelé…

Rodolphe Huguet - L’intraitable beauté du monde à la galerie AL/MA, Montpellier. Photo Paula Granoux Vidal
Rodolphe Huguet – L’intraitable beauté du monde à la galerie AL/MA, Montpellier. Nid d’aile, 2009, aile de voiture cabossée, nid d’hirondelle, résine pulvérisée, peinture carrosserie métallisée vernie, 106 x 58 x 15 cm. Photo Paula Granoux Vidal

Au-dessus du bureau de la galeriste, Nid d’aile (2009) est le produit d’un autre « accrochage », celui d’une aile de voiture cabossée et d’un nid d’hirondelle. L’œuvre interroge-t-elle uniquement notre capacité à accueillir la migration des messagères du printemps ? Soigneusement recouverte d’une peinture de carrosserie métallisée et vernie, cette étrange hybridation fait aussi écho aux « Cyma » et à la fine couche de peinture blanche sur le bronze de leurs épines.

Sous surveillance…

Dans presque toutes ses expositions, Rodolphe Huguet pose quelques-unes des caméras de surveillance en bronze qu’il avait installées en 2013 dans les mairies d’une communauté de communes rurales en Haute-Saône. Cette série était le fruit d’une résidence à Villers-sur-Port et d’un travail avec la Fonderie Deroyaume. Trois d’entre elles sont fixées sous le plafond de la galerie AL/MA. Au-dessus de la porte d’entrée, la première est composée d’un paquet de café et d’une branche de pommier couverte de lichen. La seconde a été produite à partir d’une boîte de biscuits et surveille l’accès à la réserve. La dernière, à proximité de la fenêtre, réunit un carton de jus de fruits et une ronce…

Rodolphe Huguet – L’intraitable beauté du monde à la galerie AL/MA, Montpellier. Caméra#2560, 2005, bronze patiné, (emballage de jus de fruit, ronce) ; Caméra #3744, 2005, bronze patiné, (emballage de café, branche de pommier recouverte de lichen) et Caméra#2310, 2005, bronze patiné, (emballage de boite de biscuit)


Dans le catalogue « Villagesousurveillance » qui accompagnait la résidence de l’artiste en 2006, Guillaume Mansart analyse : « Ses sculptures caméras ironisent sur un état de fait, elles s’appuient sur un sens aigu de la dérision pour affirmer une conscience politique. (…) Ces caméras ont quelque chose de grotesque et d’amusant qui pourrait presque les rendre sympathiques. Rodolphe Huguet joue évidemment de la contradiction. Celle qui oppose un objet menaçant (les caméras de surveillance) à des formes de textures quotidiennes (les bouteilles, les emballages…). Celle qui oppose la pauvreté de ses matériaux d’origine, à la valeur, tant historique qu’économique, du bronze. Celle enfin qui oppose la fonctionnalité effective des caméras à la fonctionnalité subjective de ses sculptures ».

Une édition en 200 exemplaires signés et numérotés reproduisant une œuvre de 1996 et accompagnée d’un texte de Pascal Beausse est proposée à celles et ceux qui souhaitent conserver un souvenir de « L’intraitable beauté du monde » sans avoir les moyens de se porter acquéreurs d’une des pièces exposées.

Parmi les œuvres en réserve, d’autres cagettes de la série « Jardin des Délices » accompagnent une « Warchitecture » issue de la résidence de l’artiste à la tuilerie Monier à Marseille.

Rodolphe Huguet - L’intraitable beauté du monde à la galerie AL_MA, Montpellier
Rodolphe Huguet – L’intraitable beauté du monde à la galerie AL/MA, Montpellier

On trouve aussi un témoignage photographique de son projet « SURVIVRE MÉTIER À SUIVRE » accueilli en 2023/2024 par La Terrasse espace d’art à Nanterre. De ce projet, on retrouve plusieurs échos au MO.CO. dans le cadre de SOL ! La biennale du territoire #3 avec le vitrail Faites sonner les cloches.

Rodolphe Huguet - L’intraitable beauté du monde à la galerie AL_MA, Montpellier
Rodolphe Huguet – L’intraitable beauté du monde à la galerie AL/MA, Montpellier
Rodolphe Huguet - L'École des beaux-arts de Montpellier - une histoire singulière au MO.CO. Montpellier
Rodolphe Huguet – L’École des beaux-arts de Montpellier – une histoire singulière au MO.CO. Montpellier. Faites sonner les cloches, 2023-2024. Vitrail composé de photographies sur verre des rencontres de l’artiste avec les sans-abri de Nanterre et Paris. Verre, gélatines, scotch.

Rodolphe Huguet au MO.CO.

Au-delà de cette œuvre exposée dans le hall du MO.CO., Rodolphe Huguet expose dans le jardin ses boîtes de conserve en terre cuite émaillée que l’on avait vues pour son « Roro circus in Cévennes ».

Rodolphe HuguetL’École des beaux-arts de Montpellier – une histoire singulière au MO.CO. Montpellier. Photo © Pauline Rosen-Cros & MOCO Montpellier Contemporain. Graines de conserve, 2021-2022. Boîtes de conserves en terre cuite émaillée, technique à la corde. Collection de l’artiste

Avec Agnès Fornells et Gwendoline Samidoust, il présente dans la séquence intitulée « Dans la rue » plusieurs cagettes de la série « Jardin des Délices/Warchitectures », deux de ses caméras de surveillance et deux impressions L’économie de marché(r) (1997-2025) et Faire danser l’anse du panier (2010-2025). Celles et ceux qui passeront par les toilettes du restaurant ne manqueront pas le distributeur de billets qu’il y a collé.

Rodolphe HuguetL’École des beaux-arts de Montpellier – une histoire singulière au MO.CO. Montpellier. Photo © Pauline Rosen-Cros & MOCO Montpellier Contemporain. Série Jardin des Délices / Warchitectures, 2025. Tableaux sur cagette en peuplier, plié, déformé, impacts, peinture à l’huile, ciment, plâtre, brûlures, cendres. Face arrière ; bombe aérosol fluorescente. Courtesy de l’artiste ; L’économie de marché(r), 1997-2025 et Faire danser l’anse du panier, 2010-2025. Impression sur papier recto verso. Diffusion libre. Production MO.CO. Montpellier Contemporain ; Sans titre, 2023. Photographie dos bleu. Autocollants sur un distributeur dans l’espace public. Production MO.CO. Montpellier Contemporain

L’exposition « L’intraitable beauté du monde » mérite sans aucun doute un passage par la galerie AL/MA. Elle offre l’occasion de (re)découvrir la cohérence d’une démarche artistique qui, depuis trente ans, observe le monde avec acuité et, comme l’écrivait Pascal Beausse, cherche à « trouver l’étincelle de la rencontre avec ce que l’on ne connaît pas encore, pour mettre en forme des éclats de vie ».
Entre la galerie AL/MA et le MO.CO., Rodolphe Huguet déploie un ensemble qui révèle toute la pertinence de son « pragmatisme poétique du faire avec ». Une visite s’impose, d’urgence.

En savoir plus :
Sur le site de la galerie AL/MA
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