« Souviens-toi d’aimer » – Pauline Bastard et Nicolas Daubanes au Château de Servières – Marseille

Dans le cadre de « MP 2018, Quel Amour ! », le Château de Servières présente du 14 février au 7 avril 2018 « Souviens-toi d’aimer » une proposition qui réunit Pauline Bastard et Nicolas Daubanes.

Nicolas Daubanes, Membrane - La Cuisine, 2011, 160 × 170 × 200 cm, silicone, acier, lumière. © Nicolas Daubanes
Nicolas Daubanes, Membrane – La Cuisine, 2011, 160 × 170 × 200 cm, silicone, acier, lumière. © Nicolas Daubanes

Dans la programmation de « MP 2018, Quel Amour ! » le projet imaginé par l’équipe du Château de Servières retient particulièrement l’attention. En effet, au-delà des deux artistes réunis, le propos interpelle :

« L’amour se conjugue souvent sur le mode de la passion qui autorise tous les débordements. Mais plutôt que les états de ces tumultueux transports amoureux, ce sont les différentes formes que l’amour revêt au sein de la famille que nous souhaitons aborder dans l’exposition “ Souviens-toi d’aimer ” qui rassemble Pauline Bastard et Nicolas Daubanes.
Quel amour ! L’interjection s’élargit ainsi à l’ensemble de la sphère familiale : à la perte de contrôle s’oppose la mesure, la bienveillance, l’empathie, la recherche d’harmonie et de compréhension mutuelle… »

Les deux artistes ont fait des passages remarqués dans les espaces du Château de Servières.

Pauline Bastard, Timeshare, Construire des liens familiaux, 2017 © Pauline Bastard
Pauline Bastard, Timeshare, Construire des liens familiaux, 2017 © Pauline Bastard

On conserve le souvenir d’« Alex », la troublante installation que Pauline Bastard avait présentée dans le cadre de « Jeux & Mensonges » au printemps 2017. On y avait également vu quelques exemplaires de sa série d’appareils photo, réalisés à partir de détritus récupérés lors de ces voyages. D’autres étaient montrés dans la « Convergence des Antipodes », l’exposition inaugurale de Mécènes du Sud à Montpellier.

Pour « Souviens-toi d’aimer », Pauline Bastard présente « Timeshare », projet pour lequel elle avait obtenu le « prix Coup de cœur » de Mécènes du Sud Aix-Marseille, en 2016.

On est impatient de découvrir cette production qui se propose de réunir une « famille » une semaine par an sur le principe de la formule immobilière qui permet d’être propriétaire d’un appartement une semaine par an, à vie, pour les vacances.

Le Château de Servières retrouve Nicolas Daubanes qu’il avait accueilli en 2015, dans l’exposition « À l’heure du dessin 3e temps ». Il y avait inauguré ses deux premiers dessins muraux à la poudre d’acier aimantée pour l’installation « Nichts zu sagen » qui avait marqué les visiteurs.

Pour « Souviens-toi d’aimer », Nicolas propose « Charlette », un portrait de sa mère, réalisé à la poussière d’étoiles (poudre de météorite ferreuse aimantée)…
On devrait également découvrir « la Mue », une « sculpture » ancienne et rarement montrée, empreinte en résine et à l’échelle de la cuisine familiale…

On attend donc avec beaucoup d’intérêt ce « Souviens-toi d’aimer »…
Chronique à suivre après un passage au Château de Servières

À lire, ci-dessous, le texte de présentation de « Souviens-toi d’aimer », extrait du dossier de presse. On trouvera également quelques lignes au sujet de « Timeshare » de Pauline Bastard, extraites du site de Mécènes du Sud Aix-Marseille ainsi que les propos de Nicolas Daubanes empruntés à son site internet.

En savoir plus :
Sur le site du Château de Servières
Suivre l’actualité du Château de Servières sur Facebook
Sur les sites de Pauline Bastard et Nicolas Daubanes
Sur le site de MP 2018
Suivre l’actualité de MP 2018 sur Facebook, Twitter et Instagram


« Souviens-toi d’aimer » – Présentation du projet par l’équipe du Château de Servières

L’amour se conjugue souvent sur le mode de la passion qui autorise tous les débordements. Mais plutôt que les états de ces tumultueux transports amoureux, ce sont les différentes formes que l’amour revêt au sein de la famille que nous souhaitons aborder dans l’exposition Souviens-toi d’aimer qui réunit Pauline Bastard et Nicolas Daubanes.
Quel amour ! L’interjection s’élargit ainsi à l’ensemble de la sphère familiale : à la perte de contrôle s’oppose la mesure, la bienveillance, l’empathie, la recherche d’harmonie et de compréhension mutuelle…
L’ amour familial se déclare dans la configuration inédite d’une famille fictive composée selon le principe du Timeshare pour Pauline Bastard. Chez Nicolas Daubanes, il prend corps dans des œuvres qui proviennent de réminiscences de jeunesse où le manque agit comme un moteur.

« Souviens toi d’aimer » - Pauline Bastard et Nicolas Daubanes au Château de Servières
« Souviens toi d’aimer » – Pauline Bastard et Nicolas Daubanes au Château de Servières

S’il s’agit pour les deux artistes de travailler sur le modèle de la famille nucléaire classique, l’époque impose d’ouvrir nos questionnements aux nouveaux types de familles. Il n’y a plus aujourd’hui qu’un seul et unique modèle.
Comme l’affirme Eric Cobast dans son cours « La famille, une question contemporaine » :

« Par famille, il faut d’abord entendre une communauté d’individus unis par des liens de parenté et/ou d’alliance… /… Elle prend avec l’histoire des formes variables : de la famille nombreuse à la famille monoparentale, en passant par la famille recomposée. Première instance de socialisation, la famille dans sa structure comme dans ses profondes transformations influence évidemment le devenir de la société (elle en façonne les individus) en même temps qu’elle en reflète les évolutions et les contradictions. La famille suit-elle ou devance-t’ elle les changements de société ? »

Extraits du dossier de presse

À propos de Pauline Bastard et de « Timeshare »

Le travail de Pauline Bastard se base sur des expériences collectives. En s’associant avec des scénaristes, anthropologues, psychanalystes, elle met en place des situations entre réalité et fiction qui sont autant prétexte à produire des films qu’à créer des expérimentations sociologiques ou philosophiques. Dans les États de la Matière, elle achète une maison et rassemble une équipe afin de la disperser dans la nature. Pour Alex, elle s’entoure de professionnels pour inventer une personne. Pauline Bastard a participé à divers festivals et expositions, dont la 30e Biennale de Sao Paulo et Hors Pistes au Centre Pompidou. Elle a été lauréate du prix Audi Talent Awards et a bénéficié de différentes résidences (18th Street Art Center, Bar project, Flux Factory). Pauline Bastard est représentée par les galeries Eva Hober à Paris et Barbara Seiler à Zurich, son travail fait partie de plusieurs collections publiques. Pauline Bastard est née en 1982, elle a étudié aux Beaux-Arts de Paris et à New York University, elle poursuit une activité d’enseignement depuis 2007.

Pauline Bastard, Timeshare, Construire des liens familiaux, 2017 © Pauline Bastard
Pauline Bastard, Timeshare, Construire des liens familiaux, 2017 © Pauline Bastard

« Timeshare »

Une famille factice passe tous les ans une semaine de vacances dans un appartement près de la mer. C’est le seul moment où cette famille se voit dans l’année. Timeshare tient son nom d’une formule immobilière qui permet d’être propriétaire d’un appartement une semaine par an, à vie, pour les vacances. Pauline Bastard pousse le principe un peu plus loin en proposant de rassembler une famille une semaine par an, aussi longtemps que possible. Les différents membres de la famille seront sélectionnés par casting et ces vacances annuelles seront en réalité la seule chose qu’ils partageront. Le projet veut observer les liens qui vont se créer au fil de temps entre les différents membres de la famille. Cette famille créée en réponse à une formule immobilière inverse l’ordre des choses et questionne l’idée de modèle familial. Le projet donnera lieu à différentes productions au fil des années : films, objets, structures inspirées de l’appartement. Chaque année apportera de nouveaux éléments.

Extraits du site Mécènes du Sud

Nicolas Daubanes

« Ne pas se fier aux apparences qui font qu’on pourrait ne retenir du travail de Nicolas Daubanes que son aspect volontairement rugueux, un rien masculin : prédominance d’un univers carcéral pas vraiment douillet […], valorisation de l’exploit sportif pur, de vélo ou de course de voiture, emploi récurrent dans ses oeuvres de béton ou d’une poudre de fer brûlée récupérée sans hasard chez des aiguiseurs de tronçonneuses… Ce serait certainement là se méprendre pleinement sur les implications de son travail, à vrai dire peu attiré par la glorification aveugle de la solidité ou de la puissance brute des matériaux, des individus ou des structures sociales. Ce serait aussi envisager d’abord ses oeuvres comme des formes ironiques et désinvesties. Ce serait enfin ne pas voir que son oeuvre se développe au contraire dans les fissures et les manques plus que dans les affirmations péremptoires.»

Camille Paulhan. Extrait de : « Nicolas Daubanes. D’abord, être en alerte », texte publié dans l’édition monographique : «La vie de rêve»

« Membrane : La cuisine »

Il s’agit d’une « mue », d’une empreinte dont la matrice est la cuisine de ma maison familiale. L’espace est redessiné avec des tiges d’acier soudées et emboîtées. Avec une fragilité certaine, la peau est suspendue sur ce support et nous permet d’apprécier le volume référent. Eclairée, la sculpture nous révèle toutes les cicatrices et poussières du lieu.

Cette « peau / mémoire » porte forcement, en elle, les traces et empreintes du passé mais il n’est pas question de proposer un retour en arrière, ni de réactiver des souvenirs. Mon travail, au privilégiant l’empreinte, met à distance son référent, la cuisine telle qu’elle existe aujourd’hui. Je souhaite d’avantage parler des « fantômes du présent », de ce que cet espace propose encore de vie, des tentations et projections que son aspect vulnérable, déchiré et délabré suscite, en sollicitant l’expérience de chacun. Il s‘agit de dégager au présent, les spectres qui l’habitent.

© Nicolas Daubanes. Extrait de son site internet.

« Charlette », poudre de météorite ferreuse, 2017

Ces dessins réalisés à partir de poussière d’étoile ont les même propriétés que le reste des dessins aimantés :

« Les différentes étapes de réalisation de ce projet doivent être soigneusement suivies : le motif choisi doit être, dans un premier temps, découpé dans une feuille « magnétique » puis disposé sur une plaque de métal ; ce n’est qu’après le dépôt d’une feuille de papier blanc sur le dessin en « découpe » dans la feuille « magnétique », que l’on peut répartir la limaille. Cette « poudre » vient alors se plaquer uniquement sur les surfaces de papier en relation avec les parties magnétisées. Une fois mis à la verticale, le spectateur ne perçoit qu’une surface de papier sur laquelle un nuage de poussière ferreuse vient dessiner un tracé, une forme. Ce nuage peut être plus ou moins épais, plus ou moins épars suivant le mode d’application.

Nicolas Daubanes, Charlette, 50 x 40 cm, poudre de météorite ferreuse, 2017 © Nicolas Daubanes
Nicolas Daubanes, Charlette, 50 x 40 cm, poudre de météorite ferreuse, 2017 © Nicolas Daubanes

L’aimantation pose le dessin en suspension, lorsque la feuille est séparée des aimants ce dernier disparaît, la poudre de métal tombe en ne laissant aucune trace sur le papier. De ce fait le dessin est par nature éphémère, comme si le motif représenté ne devait être visible qu’un temps donné. Toutefois tant que l’aimant reste proche de la poudre de fer, le dessin perdure. Lorsque un détenu planifie son évasion, son projet doit rester uniquement dans son esprit pour demeurer totalement clandestin, aucune inscription ou gravure ne lui sont permises. Mon mode de représentation doit être en corrélation avec cet impératif. »

Ici la poudre de météorites ferreuse remplace la limaille de fer.

© Nicolas Daubanes. Extrait de son site internet.

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