4 à 4 – Thierry Delaroyère, Pascal Fayeton, Mohamed Lekleti, André Cervera & Swarna Chitrakar au Musée Paul Valéry – Sète

Jusqu’au 20 mai 2018, le Musée Paul Valéry propose pour cette 3° édition de « 4 à 4 » des travaux récents de Thierry Delaroyère, Pascal Fayeton, Mohamed Lekleti, André Cervera & Swarna Chitrakar.

Si André Cervera, Pascal Fayeton et Mohamed Lekleti ont plusieurs fois été exposés dans la région, « 4 à 4 » est l’occasion de découvrir le travail de Thierry Delaroyère.

Thierry Delaroyère - Vue de l'exposition « 4 à 4 » au Musée Paul Valéry - Sète
Thierry Delaroyère – Vue de l’exposition « 4 à 4 » au Musée Paul Valéry – Sète

Fidèle au concept inauguré en 2014 avec Jean Denant, Curro González, Dominic Grisor (Lille) et Liu Zhengyong puis renouvelé en 2016 avec Philippe Pradalié, Nick Ervinck, Joël Leick et Albert Woda, Maïthé Vallès-Bled prolonge l’idée originale de montrer quatre itinéraires plastiques « sans qu’aucune thématique commune ou correspondance visuelle ne fédère pour autant leurs œuvres ». « 4 à 4 » offre « au visiteur le choix de sa propre réflexion, de sa propre analyse, dans une expérience esthétique et sensible, unique ».

Pascal Fayeton - Vue de l'exposition « 4 à 4 » au Musée Paul Valéry - Sète
Pascal Fayeton – Vue de l’exposition « 4 à 4 » au Musée Paul Valéry – Sète

Si les deux premiers événements de ce cycle biennal nous avaient séduits par leurs propositions plastiques comme par la qualité de leurs accrochages, l’édition 2018 de « 4 à 4 » nous laisse une impression plus modérée. On n’y a pas retrouvé l’émotion de l’exposition Pradalié, la puissance de la proposition de Joël Leick ou la découverte étonnée des sculptures de Nick Ervinck.
Les chroniques et billets publiés ici n’ont pas la prétention à relever de la critique d’art. En conséquence, il ne saurait être question de juger des choix artistiques de ce « 4 à 4 », cohérents avec les expositions et les acquisitions du musée depuis plusieurs années.
Par contre, on se permettra quelques remarques sur leur mise en espace.

Mohamed Lekleti - Vue de l'exposition « 4 à 4 » au Musée Paul Valéry - Sète
Mohamed Lekleti – Vue de l’exposition « 4 à 4 » au Musée Paul Valéry – Sète

Prolongeant une tendance qui s’est dessinée lors des dernières expositions au musée Paul Valéry, les couleurs ocre, sable et terre s’imposent une nouvelle fois sur les cimaises. On  ressent également une certaine densification de l’accrochage.

André Cervera et Swarna Chitrakar - Vue de l'exposition « 4 à 4 » au Musée Paul Valéry - Sète
André Cervera et Swarna Chitrakar – Vue de l’exposition « 4 à 4 » au Musée Paul Valéry – Sète

C’est particulièrement perceptible pour les trois séries de Thierry Delaroyère. La multiplication d’œuvres très proches dans leur composition et leur format donne une impression de saturation de l’espace. Cette abondance trouble un peu le regard qui peine parfois à se poser.

À l’inverse, l’accrochage des photographies de Pascal Fayeton joue habilement sur une diversité de « mises en page ». Il offre de subtiles ruptures de rythme accentuées par de brefs textes qui introduisent chaque série. Une sculpture en céramique « Petit basalte » (2017) de son ami Uwe Krause dialogue judicieusement avec les « Stèles » (2017) du photographe.
Malheureusement, ce superbe accrochage est en partie gâché par un éclairage parfois désagréable. C’est le cas pour les photographies placées face à la fenêtre et plus particulièrement pour trois photographies de la magnifique série « Mue » où la lumière extérieure produit de fâcheux reflets bleutés…

On retrouve ces problèmes de miroitement sur un grand format de Mohamed Lekleti, protégé par un coffre en plexiglas, malencontreusement accroché face à la mer…

Si l’édition 2016 avait fait le choix d’éliminer tout texte de salle, ce troisième opus de « 4 à 4 » offre quelques lignes introductives pour chaque exposition. Elles donnent quelques clés utiles qui n’altèrent en rien « l’expérience esthétique et sensible, unique » que peut vivre le visiteur.

Les salles consacrées à « 4 à 4 » débouchent sur une très belle sélection d’œuvres contemporaines conservées par le musée Paul Valéry.
On a le plaisir de revoir plusieurs pièces exposées lors des éditions précédentes de « 4 à 4 ». « Mappemonde » (2013) de Jean Denant évoque la première édition de l’éventement.

Jean Denant, Mappemonde, 2013 - Musée Paul Valéry - Sète
Jean Denant, Mappemonde, 2013 – Musée Paul Valéry – Sète

Une grande huile sur toile d’Albert Woda et les deux magnifiques « Image possible I et II » (2004-2005) de Joël Leick retrouvent les vues du port de Sète de Philippe Pradalié avec lesquelles elles voisinaient en 2016 pour le deuxième « 4 à 4 ».

À côté de l’inamovible « Alice et les vaches blanches » d’Agnès Varda, souvenir de l’inoubliable « Y’a pas que la mer », la conservatrice a sélectionné plusieurs œuvres qui rappellent les expositions récentes de Jacques Clauzel (Donation), Jean-Luc Parant (Mémoire du merveilleux), Rémi Sautet et Fabien Docet (Les bois du bateau)…

Quatre catalogues monographiques, aux Editions Midi-Pyrénéennes, un pour chacun des artistes, accompagnent l’exposition avec des textes de Maïthé Vallès-Bled, Alfred Pacquement pour Thierry Delaroyère, Frédérique Babin pour Pascal Fayeton, Michel Enrici pour Mohamed Lekleti et Hervé Perdriolle pour André Cervera & Swarna Chitrakar.

À lire, ci-dessous, une présentation des propositions de Thierry Delaroyère, Pascal Fayeton, Mohamed Lekleti, André Cervera & Swarna Chitrakar avec les textes de salles, des extraits du catalogue et des données biographiques issus du dossier de presse.

Un conseil : Commencez par visiter « 4 à 4 » avant de passer par la salle Salah Stétié.

En savoir plus :
Sur le site du Musée Paul Valéry
Suivre l’actualité du Musée Paul Valéry sur Facebook
Sur les sites de Thierry Delaroyère, Pascal Fayeton, Mohamed Lekleti, André Cervera

« 4 à 4 » : Thierry Delaroyère

Thierry Delaroyère - Vue de l'exposition « 4 à 4 » au Musée Paul Valéry - Sète
Thierry Delaroyère – Vue de l’exposition « 4 à 4 » au Musée Paul Valéry – Sète

Thierry Delaroyère présente trois séries inscrites dans l’actualité des conflits qui déchirent le monde aujourd’hui. Dans La Paix en danger, le vol d’une colombe, esquissée d’un trait de crayon, tente de se frayer un chemin au sein d’espaces grouillants, symboles des drames qui se nouent. La frêle embarcation de la série Migrants tente de trouver le sien dans l’immensité infinie d’une mer sans repères. La série des Déluges évoque tout autant les tragédies engendrées par les hommes. Faut-il y voir également l’écho de forces naturelles qui à leur tour répondraient à la violence des hommes ?

Texte de salle au musée Paul Valéry

Thierry Delaroyère aime à travailler par cycles. Des « Habitants collectionneurs » à « La vie multicolore », des « Souffles » aux « Refuges », chacune de ses expositions a correspondu à un ou plusieurs ensembles bien circonscrits autour d’une thématique irriguant les oeuvres du moment. Les peintures récentes ne dérogent pas à la règle. Elles portent pour titre générique une formule qui fait, hélas trop souvent, la une de la presse. Message d’alerte et d’anxiété, cet appel citoyen répond ici pour l’artiste à sa morale personnelle et à un devoir de responsabilité. Pourtant, face à cette suite intitulée La Paix en danger, point de documents, d’images ou de film illustrant ces conflits contemporains, avec des clichés impressionnants et des slogans à l’avenant. Pour évoquer ces tragédies dont les médias nous rendent compte quotidiennement, le travail du peintre n’est ni narratif ni descriptif. Il s’inscrit dans une matière picturale relevant d’une tradition abstraite et gestuelle dont n’émerge qu’un seul et unique signe reconnaissable : un oiseau, esquissé le plus simplement possible, d’un seul coup de crayon, et qui à lui seul incarne la thématique.

Extrait du texte d’Alfred Pacquement dans le catalogue 4 à 4, Editions Midi Pyrénéennes

L’oiseau est une colombe. Elle survole des zones de turbulences, colorées ou non, qui renvoient à des paysages bousculés, à des intempéries, autant qu’à des désordres intérieurs. Plastiquement, elle oppose son dessin au trait fin, le plus souvent à la mine de plomb, au traitement de la couleur en impacts griffés, frottés, brossés, écrasés.
Symboliquement, elle est la colombe de la paix, qui s’aventure dans des zones troublées, portant une légèreté aérienne et fragile vers des espaces plus fracturés, ébouriffés, striés de traces multiples, comme pourraient l’être des cloisons ayant enfermé des êtres vivants, des cales de navires, des fourgons à bestiaux. Cette colombe affronte des météorologies contraires, des espaces plus ou moins abstraits, et s’inscrit dans une très ancienne symbolique qui en fait une image accessible à tous, figure de paix d’après le déluge.

Thierry Delaroyère : Éléments biographiques

Né en 1945, Thierry Delaroyère est peintre et compositeur de chansons.
Il vit et travaille à Paris.
Thierry Delaroyère a été pensionnaire de l’Académie de France à Rome, villa Médicis de 1976 à 1978.

Expositions personnelles (choix)
2011 Quitter la demeure, parler aux oiseaux, galerie Pierre Brullé, Paris
2007 Refuges, galerie Pierre Brullé, Paris
2005 Le temps du regard, hôpital Paul-Brousse, Villejuif
2004 Souffles, galerie Pierre Brullé, Paris
1992 Dessins pour Chartres – les habitants collectionneurs, Musée des Beaux-Arts, Chartres
1987 Musée des Beaux-Arts, Chartres
1983 Galerie Zabriskie, Paris – galerie Saluces, Avignon
1981 Fondation Miró, Barcelone, Espagne
1979 Atelier 15 MNAM – Centre Georges-Pompidou, Paris
1978 Villa Médicis, Rome, Italie

Collections
Fonds national d’art contemporain, Paris, 1975
Musée national d’Art moderne, Paris, 1979
FRAC Provence-Alpes-Côte d’Azur, 1983
Musée des Beaux-Arts de Nantes, fonds de l’artothèque de Nantes, 1999
Fonds national d’art contemporain, Paris, 2008

« 4 à 4 » : Pascal Fayeton

Pascal Fayeton - Vue de l'exposition « 4 à 4 » au Musée Paul Valéry - Sète
Pascal Fayeton – Vue de l’exposition « 4 à 4 » au Musée Paul Valéry – Sète

Pascal Fayeton ne recourt à aucune mise en scène ni à aucun photomontage numérique. Il photographie des fragments de la nature ou des éléments intégrés dans celle-ci selon une démarche esthétique tout autant préoccupée de révéler le réel que d’ouvrir des univers imaginaires, d’inviter à une interrogation, à une méditation. C’est avec la série Mue le mirage de sols de planètes inconnues, avec les Mémoriaux une interrogation de l’immuabilité apparente du monde minéral, ou encore avec Encres de Giens l’illusion du trait de la gravure obtenue par un recours aux moyens numériques devenus outil graphique.

Texte de salle au musée Paul Valéry

S’il s’agit bien de séries, nous ne sommes pas dans un inventaire ou une démonstration,
mais dans une succession de tableaux, où l’artiste aborde à chaque fois le paysage
comme expérience d’une nouvelle fiction.
Une constante dans ses inspirations : un environnement immédiat, des espaces sur les
chemins de sa vie, de son enfance ou de ses errances d’adulte. Pas d’exotisme. Ce ne
sont pas des paysages représentatifs d’une région du monde, pas de signes distinctifs
déterminants, mais des terrains de jeux d’esprit. Il transforme la réalité en histoire, guidé
par des indices de la nature. Ces signes nous sont familiers et font appel à nos propres
souvenirs, d’où sans doute cette connivence et une reconnaissance envers l’artiste
pour nous avoir rappelé des émotions oubliées.

Extrait du texte de Frédérique Babin, catalogue 4 à 4, Editions Midi Pyrénéennes

Mémoriaux

Une série de photographies de stèles et de pierres en noir et blanc (format 40 x 60 cm)
réalisées en 2017. Ces pierres sont pour Pascal Fayeton des éléments mystérieux
apparemment figés et paradoxalement en mouvement jusqu’à leur pose dans le
paysage.

Puys

Une suite de paysages familiers, six photographies en couleur au format 40 x 60 cm,
réalisées en 2014. Comme un jeu d’apparitions et de disparitions involontaires, des
indices, des signes sur le chemin, des visions, font de ces endroits des petits lieux.

Encres de Giens

Une sélection de treize photographies en noir et blanc intitulées Chronotopie et
provenant de la série Encres de Giens réalisée en 2014.
Au format 30 x 45 cm, ces images racontent le paysage imaginaire de Pascal Fayeton.
De ce pays qu’il habitait sur la Méditerranée, il a voulu faire surgir le caractère
contrasté, chaotique, rude, à l’opposé de l’image édulcorée de la côte d’Azur qui
proclame un paysage originel.

Mue

Premier travail (1994) sur la couleur, aux frontières de la peinture, où Pascal Fayeton
donne à la vision une authentique dimension tactile.

Pascal Fayeton : Éléments biographiques

Né en 1964, Pascal Fayeton est photographe. Il vit et travaille à Toulouse.

Après des études de photographie et de cinéma (CERIS, Oise) et un service civil au département audiovisuel du CNRS à Ivry, il alterne périodes de commande et de création. En 2011 et 2012, Pascal Fayeton réalise avec Alain Michon une commande pour le Théâtre Liberté (Toulon) et montre trois expériences différentes de l’exil en utilisant trois protocoles de prises de vue distincts pour représenter tour à tour la séparation, le déracinement et le mouvement. « Exils #1 » avec les femmes de marins, « Exils #2 » avec les immigrés retraités et « Exils #3 » avec les femmes exilées. Pascal Fayeton intervient auprès de différents publics (enfants des classes primaires, Université Aix-Marseille).
Pour certains projets, il fait appel à des compositeurs comme Franck Leriche et Michèle Véronique.

Expositions récentes
2016 : Photopoèmes, avec Albertine Benedetto, Sète, festival Voix Vives Méditerranée
2015 : Chronotopies / Encres de Giens, Sanary-sur-Mer, PhotoMed
2011 et 2012 : Les Exils, avec Alain Michon, artiste sonore, atelier et installation photographique et sonore, Toulon, Théâtre Liberté.
2008 : Étrange Hyères, Hyères, tour des Templiers. Invite Michèle Véronique, compositrice
violoniste.
2006-2012 : Portraits urbains, série photographique en noir et blanc, Hanoï et Toulon

Collections publiques
BnF
FRAC Région Centre
FRAC Limousin
Villes de Conques, Thouars et Hyères

« 4 à 4 » : Mohamed Lekleti

Mohamed Lekleti - Vue de l'exposition « 4 à 4 » au Musée Paul Valéry - Sète
Mohamed Lekleti – Vue de l’exposition « 4 à 4 » au Musée Paul Valéry – Sète

Mohamed Lekleti, livre des compositions dans lesquelles se côtoient les cultures, la modernité et la tradition, le moral et le religieux, le politique et le culturel, les pulsions, le désir… La virulence du geste, les enchevêtrements des sujets, les déséquilibres apparents, la multiplicité des détails génèrent un questionnement multiple, proposent tout autant des réponses que des interrogations Ici un nuage devient l’écho d’une ombre, là un personnage demeure sans visage, là encore une même mêlée des corps réunit des enfants qui jouent ou un couple enlacé sur une chaise. La complexité des êtres et du monde se noue et se dénoue à l’infini, laissant place à la fois à l’âpreté de toute vérité et à l’enchantement du rêve.

Texte de salle au musée Paul Valéry

Mohamed Lekleti vit avec son talent, une faculté singulière à composer des scènes complexes installées dans la toile d’araignée d’un dessin virtuose. Un fatum, en quelque sorte, qui lui permet de toucher aux sujets les plus délicats. Son dessin, ses dessins portent des représentations que notre oeil reconnaît tout en les distinguant des représentations communes. Mais notre capacité à identifier les signes se heurte immédiatement à l’implosion de notre pensée. Que voyons-nous ? Des images immédiatement politiques sont offertes tour à tour comme les séquences d’un même discours. Les femmes apparaissent sans subjectivité, voilées, parfois, et voyagent dans l’espace du dessin avec des hommes indéfinissables dont l’identité, l’activité, le désir se logent dans des corps aux organes twistés. Leurs membres tendent vers on ne sait quel pôle d’attraction, absent peut-être, invisible sans doute. Des tropismes secrets connectent les êtres, et les ressorts de la sexualité semblent être la plus pauvre explication de ce chambardement. La tension est ailleurs, d’abord dans la facture du dessin.

Extrait du texte de Michel Enrici, catalogue 4 à 4, Editions Midi Pyrénéennes

Mohamed Lekleti : Éléments biographiques

Né à Taza au Maroc en 1965, Mohamed Lekleti entreprend des études d’arts plastiques à Rabat, qu’il poursuit à Montpellier, où il vit et travaille aujourd’hui.

Mohamed Lekleti, passionné de dessin et de lecture, axe son travail sur les mythes. S’il a initialement travaillé sur le vide et des personnages filiformes, Lekleti embrasse aujourd’hui l’espace en sa totalité, le conduisant, par déformations et distorsions progressives, à la rondeur des formes, à un déploiement dynamique de ses personnages, qui occupent toute la surface de la toile. Par la souplesse du trait, l’alternance musicale des tons chauds, des tons froids, il vise à l’épanouissement du trait.
Rebelle aux modes, aux règles imposées du dehors, il peint à pleine pâte, il risque, au coeur du réel, un monde imaginaire, personnel. Son désir est d’inciter à « dépasser la matérialité des contours », à pénétrer la face voilée des choses. Parfois, le tracé enveloppe si bien les formes qu’elles semblent baigner dans le flux amniotique, originel. Sa technique est à l’image de ses propos, puisque Mohamed Lekleti brouille les frontières entre dessin et peinture, mélange à base d’acrylique, de fusain, de feutres, de sable…

Jouissant d’une reconnaissance méritée, il multiplie les expositions en France et à l’étranger (USA, Corée, Maroc, Belgique, Suisse…).

Expositions récentes
Nov. 2017 : Salon AKAA –Also Know As Africa 2017 (Carreau du Temple, Paris) – galerie Dupré & Dupré
Oct. 2017 : 1.54 Contemporary African Art fair 2017 (Londres) – exposition collective avec Soly Cissé (Sénégal) & Jenna Burchell (Afrique du Sud)
Sept. 2017 : Galerie Witteveen visual art (Amsterdam) – exposition collective autour du dessin
Mai 2017 : Fuir – Fondation Blachère – exposition collective
Avril 2017 : Art Paris – galerie Dupré & Dupré
Avril 2014 : Art Elysées, Paris
Mars 2014 : Drawing Now, Paris

« 4 à 4 » : André Cervera & Swarna Chitrakar

André Cervera et Swarna Chitrakar - Vue de l'exposition « 4 à 4 » au Musée Paul Valéry - Sète
André Cervera et Swarna Chitrakar – Vue de l’exposition « 4 à 4 » au Musée Paul Valéry – Sète

Lors d’un premier séjour en Inde en 2012, l’artiste sétois André Cervera rencontre les patuas, peintres conteurs de tradition ancestrale, auxquels appartient Swarna Chitrakar. Lors d’un second séjour en 2016, il réalise avec elle un ensemble d’œuvres à quatre mains conjuguant des sujets de même nature. À la mythologie personnelle de Cervera mêlant histoire et actualité, tragédie et comédie dans une mise en scène de personnages souvent masqués, répond celle de Swarna Chitrakar associant mythes religieux ou profanes, sujets historiques ou contemporains. Un dialogue d’une évidence surprenante s’établit entre les deux artistes, unissant la description narrative conviant au vertige du premier et l’expressivité puissante et colorée de la seconde.

Au cours de ces trois mois, André Cervera et Swarna Chitrakar réalisent à quatre mains vingt peintures sur toile et six œuvres sur papier.

Comment peindre ? Comment raconter ? Comment dire ? Autant de questions au coeur d’une actualité qui nous laisse sans voix. Abasourdi, décontenancé, perdu par une narration informative faisant allégeance à une société du spectacle vendue au plus offrant, l’art peut faire entendre une voix différente et faire la part belle aux conteurs. La tradition orale ne s’affiche pas en gros titre d’affiche ou de magazine. Elle se chuchote de bouche à oreille. Elle se veut musicale. Elle est l’expression du corps audelà de celle de l’esprit figée dans le marbre, hier, et le tabloïd, aujourd’hui. L’art des conteurs s’apparente plus au chant qu’à l’écriture, à la danse qu’à la littérature. La transmission orale vit de son esthétique propre, de sa liberté, de sa souplesse.

Extrait du texte d’Hervé Perdriolle, catalogue 4 à 4, Editions Midi Pyrénéennes

André Cervera & Swarna Chitrakar : Éléments biographiques

André Cervéra est né en 1962, vit et travaille à Sète (France), il est peintre.
Swarna Chitrakar est née en 1974 à Midnapur, dans le Bengale-Occidental. Elle est peintre et conteuse.

Swarna Chitrakar appartient à une famille de Patuas, c’est-à-dire de peintres et de conteurs. Les Patuas peignent sur des rouleaux de feuilles de papier cousues les unes aux autres et passent de village en village pour chanter des épopées aussi bien hindoues que musulmanes. Le répertoire des récits est vaste. Aux thèmes religieux s’ajoutent des thèmes profanes puisant dans l’histoire autant que dans l’actualité. On trouve des rouleaux décrivant l’enterrement de Mère Teresa, d’autres évoquant le fameux tsunami qui a ravagé le sud de l’Inde ou encore racontant les attentats du 11 Septembre.

La peinture d’André Cervera est une peinture narrative qui s’apparente à la commedia dell’arte. Elle parle de mythologies, exprime la tragédie. De manière récurrente, les personnages peints par Cervera se présentent masqués.

Là où Cervera utilise des couleurs pastel et l’humour pour rendre son univers acceptable, les Chitrakars emploient des couleurs criardes et ornementent leurs peintures de cadres décoratifs.

André Cervera : expositions récentes
2017 : galerie Clémence Boisanté, Montpellier
ArtCN gallery, Shanghai, Chine
2014 : galerie du Fort Napoléon, La Seyne/Mer
galerie Hélène Trintignan, Montpellier
2013 : Espace Bagouët, Montpellier
2012 : Hong Merchant Gallery, Shanghai, Chine
2011 International Sunshine Art Museum, Beijing, Chine

Expositions collectives
2016 : Aurore, Orée, Olé ! Bestiaire, etc…, galerie Boisanté, Montpellier
L’Envol (hommage à Max Ernst), Salle du couvent, Seillans
2012 : Vibrations Totémiques, Château royal, Collioure et Maison de la Catalanité, Perpignan
Toréador, Casa de la Provincia, Séville, Espagne
Galerie Marie Ricco, Calvi
2011 : Musée National de Cheju, Corée du Sud
Toréador, Chapelle Sainte-Anne, Arles

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