Amor Fati – Carte blanche à JR au J1 – Marseille

Mis à jour le 14 mars 2018

Du 14 mars au 13 mai, JR investit le « quai du large » au J1 pour « Amor Fati ». Avec ce projet original, conçu pour cet espace singulier dans le cadre de « MP 2018 Quel Amour ! ».
JR avait pour ambition de « mettre en scène l’amour porté par Marseille à la mer et aux voyages. Marseille, terre d’accueil, point de passage ou lieu de départ… »

Amor Fati - Carte blanche à JR
Amor Fati – Carte blanche à JR

Le résultat est à la hauteur des enjeux imposés par le lieu et des objectifs que l’artiste s’est fixés.

L’installation « Amor Fati » surprendra sans aucun doute ceux qui connaissent le JR qui a souvent envahi les espaces publics avec ses collages hors normes.
Avec « Amor Fati », il propose une installation à la fois poétique et mélancolique, toujours aussi participative et qui exige probablement plus d’engagements de son public.
Il présente son projet comme volontairement peu « instagramable »…

Après son installation au Chateau Lacoste, on perçoit un certain changement de cap dans la production artistique de JR et la volonté de se mettre « en danger ».

Cette installation restera sans aucun doute un événement incontournable de MP 2018 Quel Amour !

Le dossier de presse présente ainsi « Amor Fati » :

« La nouvelle installation de JR à Marseille est une invitation à parcourir un réseau de passerelles surplombant un bassin de 1400 mètres carrés. Le visiteur plongé dans la pénombre se déplace à travers le hangar du J1 pour effectuer un voyage sans destination apparente.

Entrer au J1, c’est franchir une frontière. L’endroit porte l’histoire des migrations qui ont façonné la ville de Marseille ; lieu d’arrivée, mais surtout lieu d’un nouveau départ pour des milliers de personnes qui passèrent par ces quais de débarquement. JR a souhaité évoquer ces itinéraires croisés en esquissant une « structure–parcours » que le visiteur est invité à suivre. Aussi l’installation détourne la fonction de pont d’embarquement ou de débarquement de la passerelle. Celle-ci devient le module de passages à emprunter, d’un départ vers l’inconnu… »

JR Amor Fati ai J1 - Marseille, Photo © Mp2018 Quel Amour !
JR Amor Fati ai J1 – Marseille, Photo © Mp2018 Quel Amour !

Dans un entretien, reproduit ci-dessous, JR confie :

« Cette nouvelle installation au J1 traite de thèmes qui sont importants pour moi depuis plusieurs années maintenant comme la mémoire, l’identité et le voyage. J’invite le public à entrer dans l’installation, à l’expérimenter pour en inventer le sens… »

Un peu plus loin, il précise ce que est « Amor Fati » :

« Il s’agit de faire l’expérience d’une oeuvre immersive et sensible. Avant d’y entrer, le public sera invité à y participer d’une manière nouvelle en confectionnant des bateaux en papier avec leur regard imprimé sur la coque. Ces bateaux pourront être déposés sur l’eau du bassin de l’installation et circuler de manière aléatoire (…)

Amor Fati – Carte blanche à JR au J1 - Marseille - Vue de l'installation
Amor Fati – Carte blanche à JR au J1 – Marseille – Vue de l’installation

Le Hangar J1 donne sur la Méditerranée, Mare Nostrum, notre mère, cette frontière naturelle qui est le lieu de passage de tant de rêves et de fantasmes. J’ai donc été attiré par la vue depuis le fond du bâtiment. Cette ouverture sur la mer et sur l’ailleurs m’a beaucoup inspiré… »

Amor Fati – Carte blanche à JR au J1 - Marseille - Vue de l'installation
Amor Fati – Carte blanche à JR au J1 – Marseille – Vue de l’installation

A ne pas manquer, avant ou après l’expérience de Amor Fati, le film Ellis, avec Robert De Niro, écrit par Eric Roth et dirigé par JR.

À lire, ci-dessous, une brève interview de JR et une présentation d’« Amor Fati », extraits du dossier de presse et quelques repères à propos de ces actions dans la région.

En savoir plus :
Sur le site de MP 2018 Quel Amour !
Sur le site du MJ1
Sur le site de JR

« Amor Fati » : 3 questions à JR

À l’occasion de la Carte Blanche qui vous est proposée par MP2018, vous imaginez dans le J1 une installation monumentale de 1400 m2. Un projet qui semble s’éloigner quelque peu de vos travaux les plus connus de photographie et de collage à grande échelle et révèle une envie d’explorer d’autres médiums. Pouvez-vous nous parler de la place de ce projet dans l’évolution de votre pratique ?

Ma pratique n’est pas la photographie ou le collage à grande échelle. Ma pratique est l’évolution de ma pratique. J’ai commencé par le graffiti car le coût d’une bombe de peinture était dans mes moyens, puis je suis passé aux collages en petit format, avant d’agrandir l’espace couvert par mes oeuvres. Je fais donc en fonction des lieux et des moyens. Cette nouvelle installation au J1 traite de thèmes qui sont importants pour moi depuis plusieurs années maintenant comme la mémoire, l’identité et le voyage. J’invite le public à entrer dans l’installation, à l’expérimenter pour en inventer le sens. Il y a donc une forme de continuité tout en m’adaptant au lieu, car nous sommes en intérieur et non plus dans la rue.

Le projet Inside out invitait le public à prendre une part active dans votre démarche artistique en se faisant tirer le portrait dans des cabines photomatons. The Wrinkles of the City ou Face to Face faisaient de portraits d’anonymes la matière première de vos oeuvres. Dans l’espace du J1, le public peut-il s’attendre à une invitation à faire partie intégrante de l’oeuvre ?

Oui, de deux manières. D’une part en circulant dans l’oeuvre elle-même comme je le précisais ci-dessus. Il s’agit de faire l’expérience d’une oeuvre immersive et sensible. Avant d’y entrer, le public sera invité à y participer d’une manière nouvelle en confectionnant des bateaux en papier avec leur regard imprimé sur la coque. Ces bateaux pourront être déposés sur l’eau du bassin de l’installation et circuler de manière aléatoire.

Le J1 fait partie du patrimoine industriel de Marseille, il témoigne de l’activité commerciale de la ville et de son lien indéfectible avec la mer. De quelle façon cet édifice – son envergure, son histoire, son panorama- et, plus largement, la ville de Marseille, inspirent votre travail de création ?

Le Hangar J1 donne sur la Méditerranée, Mare Nostrum, notre mère, cette frontière naturelle qui est le lieu de passage de tant de rêves et de fantasmes. J’ai donc été attiré par la vue depuis le fond du bâtiment. Cette ouverture sur la mer et sur l’ailleurs m’a beaucoup inspiré. De plus c’est un endroit d’où partent et arrivent tous les jours les bateaux, donc les gens. C’est un lieu de vie en activité, loin d’être figé comme peut l’être un musée ou une galerie. On y ressent de la vie et de l’énergie. Et c’est aussi un lieu de transition, un lieu de franchissement. Ces types d’endroits m’ont toujours beaucoup questionné.

(extrait du dossier de presse)

Amor FatiJR transforme le J1 à Marseille, vidéo de made in marseille

« Amor Fati » : Présentation du projet

La nouvelle installation de JR à Marseille est une invitation à parcourir un réseau de passerelles surplombant un bassin de 1400 mètres carrés. Le visiteur plongé dans la pénombre se déplace à travers le hangar du J1 pour effectuer un voyage sans destination apparente.

Entrer au J1, c’est franchir une frontière. L’endroit porte l’histoire des migrations qui ont façonné la ville de Marseille ; lieu d’arrivée, mais surtout lieu d’un nouveau départ pour des milliers de personnes qui passèrent par ces quais de débarquement. JR a souhaité évoquer ces itinéraires croisés en esquissant une « structure–parcours » que le visiteur est invité à suivre. Aussi l’installation détourne la fonction de pont d’embarquement ou de débarquement de la passerelle. Celle-ci devient le module de passages à emprunter, d’un départ vers l’inconnu.

Quittant la rive, le visiteur suit ce réseau qui le contraint à revenir sur ses pas et à changer de direction à plusieurs reprises. Amor Fati, littéralement « l’amour du destin », est convoqué pour exprimer le travail intérieur que chaque voyageur doit entreprendre lorsqu’il quitte son point de départ. C’est en acceptant la fatalité inhérente à tout déplacement que le candidat au voyage parvient à transformer l’imprévu en prétexte à la découverte, à la curiosité, et construire ainsi les possibilités d’une nouvelle vie.

Au fond du hangar, l’immense fenêtre est laissée découverte pour guider par sa lumière le visiteur-voyageur. Elle est aussi une lucarne sur l’extérieur et sur le réel. Le soleil, en décrivant une courbe descendante parfaitement inscrite dans le cadre de la fenêtre, confronte l‘onirisme de l’installation à la lumière du temps qui vient baigner l’espace du rêve. Parvenu au terme de son périple le visiteur se retrouve face au point de vue exceptionnel qu’offre le bâtiment. Ses yeux effectuent un travail de mise au point comme le ferait l’obturateur d’un appareil photo pour contempler le large et quitter l’espace en suspension du voyage intérieur. Le moment est venu de considérer ce nouvel horizon comme un lieu de transition.

(extrait du dossier de presse)

À propos de JR

On ne présente plus cet artiste qui s’est parfois défini, en jouant malicieusement avec les mots, comme un « artiviste urbain ».

Amor Fati - Carte blanche à JR © JR-ART
Amor Fati – Carte blanche à JR © JR-ART

Pour ceux qui ignoreraient les multiples projets de JR, on les renvoie à son site.

Ses interventions à la Friche et dans le quartier de la Belle de Mai à Marseille, dans le cadre de son projet Unframed, font partie des souvenirs impérissables de MP 2013.

Nombreux sont ceux qui continuent à jeter un petit coup d’œil à la Friche en arrivant ou en quittant la gare Saint-Charles…

UNFRAMED, portrait de mon père Abd Rachid Mehdi revu par JR, Algerie 1976, Marseille, France, 2013
UNFRAMED, portrait de mon père Abd Rachid Mehdi revu par JR, Algerie 1976, Marseille, France, 2013

… d’autres gardent en mémoire le sourire d’Annick Perrot-Bishop, l’inconnue qui avait remplacé le portrait de Zinédine Zidane.

UNFRAMED, Annick Perrot-Bishop photographiée par son amie Jacqueline Ros sur le Vieux Port devant la Samaritaine, en 1966. Revue par JR. © jcLett
UNFRAMED, Annick Perrot-Bishop photographiée par son amie Jacqueline Ros sur le Vieux Port devant la Samaritaine, en 1966. Revue par JR. © jcLett

Les habitués du cinéma le Gytpis à la Belle de Mai n’ont pas oublié lu passage du camion « cabine photographique » dans le cadre du projet Inside Out.

Cinéma Le Gyptis © Caroline Dutrey
Cinéma Le Gyptis © Caroline Dutrey

Cet hiver, JR avait installé ses trains électriques dans le pavillon Renzo Piano au Château La Coste pour une étonnante installation intitulée « Mind the Gap ».

JR – Mind the Gap au Château La Coste (c) Photographe. Stephane Aboudaram l WE ARE CONTENT(s)
JR – Mind the Gap au Château La Coste (c) Photographe. Stephane Aboudaram l WE ARE CONTENT(s)

Les visiteurs des Rencontres d’Arles se souviennent très certainement de ces séries « 28 millimètres, Portrait d’une génération » et « Face2Face » qui avaient été présentées à l’entrée des ateliers pour l’édition 2007 des Rencontres.

JR, 28 millimètres aux Rencontres d'Arles 2007
JR, 28 millimètres aux Rencontres d’Arles 2007

Avant son arrivée à Marseille, JR a assuré avec beaucoup d’énergie et  la « promotion » de Visages, villages, co-réalisé avec Agnès Varda à la veille des Oscar 2018.

Équivalent indépendant des Oscar, les Independent Spirit Award ont récompensé le film dans la catégorie Meilleur Documentaire.

 

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