mercredi 23 septembre 2020

Ernest Pignon-Ernest – Extases, les Mystiques à l’église des Célestins, Avignon


Après le remarquable succès de « Ecce Homo » à la Grande chapelle du Palais des Papes avec près de 400 000 visiteurs, Ernest Pignon-Ernest poursuit son aventure avignonnaise. Du 20 mai au 20 septembre 2020, il présente son œuvre « Extases, les Mystiques » au cloître des Célestins en cours de restauration.

Pendant les premières semaines, la visite se fera uniquement sur réservation. La jauge est de 10 visiteurs avec un temps de visite de 40 min maximum. Prise de rendez-vous : [email protected] et à ce numéro de téléphone : 06 66 20 54 60

Ernest Pignon Ernest - Extases - les mystiques 2020 - Église des Célestins à Avignon ©Ernest Pignon-Ernest
Ernest Pignon Ernest – Extases – les mystiques 2020 – Église des Célestins à Avignon ©Ernest Pignon-Ernest

La première version des « Extases » de Marie-Madeleine, Hildegarde de Bingen, Angèle de Foligno, Catherine de Sienne, Thérèse d’Avila, Marie de l’Incarnation et Madame Guyon à la chapelle Saint-Charles, en 2008, restent dans de nombreuses mémoires…

L’œuvre a ensuite été exposée dans plusieurs édifices religieux à Saint-Denis, Lille, à l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris ou encore à l’église abbatiale de Saint-Pons à Nice.

Ernest Pignon Ernest - Extases - les mystiques 2020 - Église des Célestins à Avignon ©Ernest Pignon-Ernest
Ernest Pignon Ernest – Extases – les mystiques 2020 – Église des Célestins à Avignon ©Ernest Pignon-Ernest

Dans un récent billet publié sur Facebook, Ernest Pignon-Ernest écrivait à propos de « Extases, les Mystiques » au cloître des Célestins :

« Au départ il y a eu ces vers de Nerval « … modulant tour à tour sur la lyre d’Orphée les soupirs de la sainte et les cris de la fée ».

Puis mes travaux napolitains m’ont amené à lire Ignace de Loyola, Saint Jean de la Croix et de Thérèse d’Avila dont les pages de « Ma vie » conjuguées à des visites aux marbres du Bernin à Santa Maria della Vittoria et à la Bienheureuse Ludovica au Trastevere m’ont subjugué et, guidé par les écrits de Jean-Noël Vuarnet et Claude- Louis Combet, j’ai poursuivi ma quête en découvrant les écrits d’autres grandes mystiques.

Cela ne faisait que redoubler mes interrogations sur la représentation. Comment figurer des corps qui aspirent à se désincarner ? Comment restituer de tels transports, de tels excès, de telles effractions sublimées? Comment dire cet infini du désir, de l’angoisse, de la douleur, de la suavité de l’exaltation qui les habitaient et toutes les contradictions qui les traversaient ?

Je n’ai choisi que des mystiques chrétiennes qui ont écrit, ces portraits imaginés sont nés de ce qu’elles ont dit d’elles-mêmes. De même le plan d’eau noire découle des métaphores de ruissellements et d’abîmes récurrentes dans leurs textes. (Hildegarde de Bingen, Angèle de Foligno, Catherine de Sienne, Thérèse d’Avila, Marie de l’Incarnation, Madame Guyon, Louise du Néant et Marie-Madeleine). L’architecture de l’église des Célestins m’a suggéré une référence à « Noli me tangere ».

Ce projet n’appelle évidemment pas la rue mais mes images nouent avec l’espace et l’histoire du lieu choisi, des relations du même ordre que celles que suscitent mes interventions urbaines. Comme dans mes collages de rue le support de l’image n’est pas neutre. J’ai façonné les feuilles afin qu’elles ne soient pas un simple support, qu’elles s’imposent comme un élément plastique à part entière suggérant une fluidité de l’espace en contradiction avec le caractère charnel des dessins. Dans le plan d’eau les reflets provoquent renversement et osmose de la fiction des images et de la réalité du lieu. »

On attend avec impatience et curiosité de découvrir la nouvelle version de « Extases, les Mystiques » sur laquelle Ernest Pignon-Ernest travaille pour les Célestins.

Chronique à suivre…

À voir cette vidéo publiée par la Galerie Lelong en 2014 à l’occasion de la présentation de « Extases » à la Pitié-Salpêtrière…

… et cet entretien de Ernest Pignon-Ernest avec Antoine Perraud pour Mediapart dans l’église abbatiale de saint-Pons à Nice, à l’occasion de l’exposition d’« Extases » en 2016 :

En savoir plus :
Sur le site de la Ville d’Avignon
A lire « Extases » paru en 2008 aux éditions Gallimard

2 COMMENTAIRES

  1. J’ai vu cette exposition,

    L’artiste nous montre des bonnes femmes sexualisées se tordant de douleur, rien de très mystique. Il a du rater la dimension « extase mystique » de son œuvre.

    Même si les œuvres sont bien réalisées elles osnt bien loin du titre et même l’origine de cette expositon

  2. EXTASES à l’Église des Célestins Avignon
    Au départ il y a ces vers de Nerval :
    «„.modulant tour à tour sur la lyre d’Orphée les soupirs de la sainte et les cris de la fée ».
    Puis, mes travaux napolitains m’ont amené à lire Ignace de Loyola, Saint Jean de la Croix, Thérèse d’Avila. Les pages de « Ma vie » conjuguées à des visites aux marbres du Bernin à Santa Maria della Vittoria et à la Bienheureuse Ludovica Albertoni m’ont subjugué et, guidé par les écrits de Jean-Noël Vuarnet et Claude- Louis Combet, j’ai poursuivi ma quête et découvert les textes d’autres grandes mystiques.
    Cela ne faisait que redoubler mes interrogations sur la représentation. Comment figurer des corps qui aspirent à se désincarner ? Comment restituer de tels transports, de tels excès, de telles effractions sublimées ? Comment dire cet infini du désir, de l’angoisse, de la douleur, de la suavité de l’exaltation qui les habitaient et toutes les contradictions qui les traversaient ?
    Je n’ai choisi que des mystiques chrétiennes qui ont écrit. Ces portraits imaginés sont nés de ce qu’elles ont dit d’elles-mêmes. De même le plan d’eau noire découle des métaphores de ruissellements et d’abîmes récurrentes dans leurs textes. (Hildegarde de Bingen, Angèle de Foligno, Catherine de Sienne, Thérèse d’Avila, Marie de l’Incarnation, Madame Guyon, Louise du Néant et Marie-Madeleine).
    Ce projet n’appelle évidemment pas la rue mais mes images nouent avec l’espace, l’histoire et la symbolique du lieu des relations du même ordre que celles que suscitent mes int9rventions urbaines. Comme dans mes collages de rue le support de l’image n’est pas neutre : j’ai façonné les feuilles afin qu’elles ne soient pas un simple support mais qu’elles s’imposent comme un élément plastique à part entière suggérant une fluidité de l’espace en contradiction avec le caractère charnel des dessins. Dans le plan d’eau les reflets provoquent renversement et osmose de la fiction des images et de la réalité du lieu.
    Ernest PIGNON ERNEST

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