jeudi 6 août 2020

Prix Occitanie – Médicis 2020


La date limite pour le dépôt des candidatures du « Prix Occitanie – Médicis » 2020, le 3 mai prochain, est l’occasion de revenir sur cette collaboration de la région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée avec l’Académie de France à Rome – Villa Médicis. Ce bref billet s’inscrit dans la série à propos des résidences d’artistes commencée en décembre dernier. Il fait également écho à la chronique et au compte rendu de visite de « Fata Bromosa », l’exposition présentée par Abdelkader Benchamma au MRAC (Musée régional d’art contemporain Occitanie / Pyrénées-Méditerranée) dans le cadre du premier « Prix Occitanie – Médicis » dont l’artiste fut le lauréat.

Créé en 2018, ce prix consacré à la jeune création a pour objectif « de découvrir, promouvoir et soutenir les talents émergents d’Occitanie sur la scène internationale grâce à une étroite collaboration avec l’Académie de France à Rome – Villa Médicis ».

Le lauréat du « Prix Occitanie – Médicis » bénéficie d’une résidence de trois mois à la Villa Médicis à l’automne et d’une bourse de création de 6 000 €. Son hébergement à l’Académie de France à Rome – Villa Médicis est entièrement pris en charge. Une exposition personnelle est organisée dans un des sites de la Région au cours de l’année suivante.

Un prix « coup de cœur » peut également être proposé par le jury. Une résidence d’un mois à la Villa Médicis est accompagnée d’une bourse de 2 000 €.

Nissrine Seffar - Travail en cours à la Villa Médicis, 2020 © Nissrine Seffar
Nissrine Seffar – Travail en cours à la Villa Médicis, 2020 © Nissrine Seffar – Coup de cœur Occitanie – Médicis 2019

C’est la première fois que l’Académie de France à Rome engage un partenariat avec une collectivité territoriale. Lors du festival « ¡ Viva Villa ! » à la Collection Lambert à l’automne 2019, Stéphane Gaillard, qui assurait alors la direction par intérim de l’Académie de France à Rome avait souligné tout l’intérêt de l’initiative, regrettant une certaine timidité des artistes dits « émergents » en régions à l’égard de la Villa Médicis.

Carole Delga lors du lancement de ce Prix Occitanie-Médicis ©Région Occitanie
Carole Delga lors du lancement de ce Prix Occitanie-Médicis ©Région Occitanie

Quelques rumeurs laissaient alors entrevoir un partenariat de la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée avec la Villa Kujoyama à Kyoto (antenne de l’Institut français) à la suite à d’un déplacement de Carole Delga au Japon en septembre 2019

Quelques échanges avec les premiers lauréats montrent l’enthousiasme et l’attention des artistes pour ce prix. Ce que confirme le succès du concours avec 93 candidatures reçues pour la deuxième édition en 2019.

À lire ci-dessous, une présentation d’Abdelkader Benchamma et d’Antoine Renard, lauréats des deux premières éditions ainsi que celle de Nissrine Seffar « Coup de cœur » 2019. Ces informations sont extraites du site de la région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée. À propos d’Agathe Pitié, premier « Coup de cœur » en 2018, on renvoie au site de la galerie Michel Soskine qui la représente.

On attend avec intérêt l’exposition annoncée d’Antoine Renard au CRAC Occitanie à Sète en fin d’année.
On espère que le projet « Le canon comme trophée mémoriel » que Nissrine Seffar a développé à la Villa Médicis trouvera rapidement la possibilité d’être exposé dans la région. On garde en effet le souvenir des pièces qu’elle avait montrées à l’Espace Saint-Ravy en 2016, ce celles présentées dans le cadre de « Anatomie(s) » proposé par la N°5 galerie et le lieu multiple montpellier en 2018 et de ses photographies accrochées dans « Mais il y a ce lieu, qui nous maintient » chez Mécènes du sud Montpellier-Sète l’hiver dernier.

En savoir plus :
Sur le site de la région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée
Sur le site de la Villa Médicis – Académie de France à Rome
Chronique à propos de « Fata Bromosa » d’Abdelkader Benchamma au MRAC

Antoine Renard lauréat Prix Occitanie – Médicis 2019

https://antoinerenard.net/
https://antoinerenard.net/ANTOINE%20RENARD_PORTFOLIO_M_2019.pdf

Antoine Renard est diplômé de l’École Nationale Supérieur d’Arts de Dijon depuis 2008, suite à quoi il s’est installé à Berlin en 2009 jusqu’à Mars 2017, date de son retour en France, il travaille depuis dans la région de Lourdes et Paris (en résidence à la cité internationale des arts de Paris d’ avril à Septembre 2019) et au Pérou où il séjourne actuellement.

Antoine Renard - Geometries of -l-o-v-e, 2019 - Very Project Space, Berlin
Antoine Renard – Geometries of -l-o-v-e, 2019 – Very Project Space, Berlin

Dans sa pratique artistique, il se concentre sur un travail de sculpture et d’installation en s’intéressant à des phénomènes naturel et artificiel. Il s’intéresse à l’inconscient collectif, en particulier aux champs liés à l’intériorité et au refoulement, utilisant notamment la métaphore du souterrain.

Antoine Renard - Impressions, après Degas (2019).Vue de l'installation (séries de 12 impressions 3D -35 x 20 x 70 cm chacune- en céramique, parfums) - Crédits Antoine Renard
Antoine Renard – Impressions, après Degas (2019).Vue de l’installation (séries de 12 impressions 3D -35 x 20 x 70 cm chacune- en céramique, parfums) – Crédits Antoine Renard

L’esthétique qu’il développe s’apparente à une forme de cartographie évolutive tridimensionnelle, à la fois interne et externe, issue de faits divers qui mettent en doute le rapport au monde et le pousse à se questionner sur le fonctionnement des corps et de son corps en particulier.

Son projet de résidence s’est construit à partir d’un séjour d’étude de deux mois dans un centre de traitement de jeunes toxicomanes en Amazonie Péruvienne fin 2018 où il a observé l’importance des parfums dans la médecine traditionnelle amazonienne et le rôle des odeurs dans le processus de guérison des patients.

Il observe que l’odorat tient une place centrale dans la construction psychique et dans l’élaboration du sentiment d’identité. Il comprend l’odeur comme un matériau de construction servant à l’édification de l’architecture humaine.

En se servant de l’analogie odeur – architecture il souhaite travailler sur une série de sculptures, de parfums et de dessins explorant la notion d’identité individuelle et collective en se focalisant sur les mythologies, les cultes et l’héritage historique et folklorique de Rome et de la méditerranée, en particulier à l’odeur de sainteté du Vatican et de la tradition du baume enivrant dans la Rome antique, ceci mélangé aux odeurs contemporaines liés au tourisme présent dans la ville.

Antoine Renard dans l’émission « les Carnets de la création » par Aude Lavigne le 30 décembre 2019 sur France Culture :

Entretien avec Antoine Renard :

Comment avez-vous développé votre projet pendant vos trois mois de résidence à la Villa Médicis ?

J’ai travaillé sur différents niveaux, d’une part dans l’enceinte de la villa, en me concentrant sur les jardins et le bosco, avec l’aide de Françoise Laurent et Gerardo Fernandez, respectivement Architecte et Jardinier en chef de la Villa Médicis. J’ai pu explorer l’histoire longue et plus récente des jardins, leur rôle dans la construction de l’identité du lieu et leur place dans la culture romaine et occidentale, de la renaissance à nos jours.

Dans un second temps, j’ai arpenté la ville, prélevé des échantillons de plantes et de parfums, exploré les temples, ruines et églises, documenté des messes, visité les parfumeries et les pharmacies, entre autre celle de Vatican City où j’ai pu m’entretenir avec le manager. Ce travail de déambulation est étroitement lié à l’architecture de Rome et de ses édifices sacrés, des odeurs qui accompagnent les rites. J’ai donc pu faire des parallèles entre les parfums et l’architecture, le parfum des lieux, les lieux du parfum, et leur importance dans la construction psychique humaine.

Ce qui m’a amené à sortir de Rome pour visiter d’autres sites, les jardins botaniques de Pise, la basilique de Padoue, les ossuaires de Naples, ou le sanctuaire du Padre Pio à San Giovanni Rotondo (Padre Pio est célèbre pour être mort en odeur de sainteté, le mystère du parfum y est omniprésent, qui se juxtapose avec l’hôpital ultra moderne qu’a fait construire Pio)

J’ai aussi beaucoup lu sur la mythologie des odeurs, dans le monde Antique et Chrétien du moyen âge.

J’ai pu développer mes recherches sur le parfum dans les rites en triangulation entre plantes, architecture et corps, toujours central dans cette étude.

Antoine Renard - Travail en cours à la Villa Médicis, 2020
Antoine Renard – Travail en cours à la Villa Médicis, 2020

Votre projet a-t-il évolué au fil de vos recherches et rencontres sur place ?

Oui et non. La recherche s’est construite de manière empirique, chaque nouvelle rencontre, lecture et visite venant enrichir ma vision et diriger mes décisions, surtout dans les transcriptions plastiques de mes études, qu’il s’agisse de dessin, prise de son et vidéo, ou manipulations d’odeurs à proprement parler.

Mais le cœur du projet n’a pas changé. Mon intuition de départ (le projet présenté au jury) s’est révélé être parfait pour le contexte de Rome et de la villa, beaucoup plus que ce que j’avais imaginé à vrai dire. Je vais d’ailleurs continuer la recherche à Rome et en Italie car le contexte est tellement riche que trois mois sont vite passés. Cela a cependant servi à créer des contacts forts et ciblés, en vue d’un développement à mon retour du Pérou (en vue de la production d’une vidéo sur la pratique de l’encens pendant la liturgie).

Quels sont les aspects les plus positifs que vous retenez de cette résidence ?

Le contexte incroyable de la villa ainsi que la possibilité de développer une recherche sans les contraintes habituelles.

Comment envisagez-vous la suite de la résidence ?

Je commence une nouvelle phase du projet, en Amazonie péruvienne cette foi, et de retour en Europe en mai je me concentrerai à la production du corps d’œuvres pour l’exposition au CRAC. J’ai déjà planifié un séjour à Padoue en juin pour filmer une messe ainsi qu’un autre séjour dans la région de Florence et Rome à la rentrée 2020 pour approfondir certains points.

Nissrine Seffar « Coup de cœur » 2019

http://www.nissrineseffar.com/

Nissrine Seffar a suivi une formation dessin sur verre/ maître verrier entre 2003 et 2005. Entre 2006 et 2008 elle suit des cours d’art et d’infographie à Com Sup, l’école supérieure de la communication et de la publicité à Casablanca. En 2011, elle arrive en France pour compléter sa formation artistique à l’École des Beaux-Arts de Sète où elle réside actuellement. Elle a recourt principalement à la peinture mais également aux volumes, à l’installation, la vidéo et la photographie. Elle inscrit son travail dans la problématique de l’empreinte à la fois comme indice et comme processus artistique, une approche d’actualité qui correspondant aussi à cette nécessité de faire le lien mémoriel entre évènements passés et contemporains. Ses tableaux reposent sur une empreinte qu’elle extrait d’un lieu chargé d’histoire.

À travers une installation de 23 canons, chaque canons portera un nom d’un pays méditerranéen, posés à même le sol, Nissrine veut rappeler le rôle déterminant de l’histoire de l’ancienne Rome qui est étroitement liée à son histoire militaire, l’empire englobait sur sa fin une partie importante du bassin méditerranéenne en évoquant une partie de l’histoire qui s’est joué et qui continue à se jouer d’une rive à l’autre de la Méditerranée, celle de la construction des États et des identités, celle des définitions de l’ami et de l’ennemi. Chaque « canon » aura à chacune de ses extrémités, un volume d’une forme organique ambivalente, à la fois liée à la flore marine de type éponge mais aussi à la flore intestinale et aux viscères d’animaux en lien direct avec les effets guerriers du canon. Ces volumes seront réalisés en moulage de béton de ciment avec des matériaux de construction comme l’aluminium et le cuivre.

Au-delà de l’aspect sculptural de ces 23 « canons », elle souhaite intégrer une installation sonore, un enregistrement des vagues de la mer méditerranéenne autour de l’Occitanie qui tourne en boucle, comme une sorte de murmure, une communion, un passage, un chuchotement d’Ulysse et un message de paix.

Abdelkader Benchamma lauréat du Prix Occitanie – Médicis 2018

Présentation par Sandra Patron & Clément Nouet

Pour sa première exposition personnelle dans un musée français, Abdelkader Benchamma investit trois salles du Mrac Occitanie dans une installation immersive qui opère un réseau d’échos et de résonances avec sa résidence à la Villa Médicis, réalisée à l’automne 2018 dans le cadre du premier Prix Occitanie – Médicis.

Abdelkader Benchamma à la Villa Médicis, 2018 © Région Occitanie
Abdelkader Benchamma à la Villa Médicis, 2018 © Région Occitanie

Depuis une dizaine d’années, Abdelkader Benchamma s’est fait connaitre en développant une pratique virtuose du dessin, dans une conception élargie qui se déploie à l’échelle des lieux qui l’accueillent. Inspirés autant par la littérature et l’astrophysique que par la philosophie et l’ésotérisme, les dessins d’Abdelkader Benchamma donnent formes à l’informel, créant le doute sur la réalité de nos perceptions. Des univers instables, faits de tourbillons, de collisions et de sédimentation, évoquent tour à tour un vortex, une grotte en transformation ou un cosmos que l’on tenterait de déchiffrer à la manière d’un test de Rorschach. L’exposition devient le terrain de matières en tension, empruntant au champ de la physique son lexique et son réseau de forces : mouvement, conflit, résolution, évaporation, solidification, disparition.

Abdelkader Benchamma - Fata Bormosa au MRAC à Sérignan - Vue de l'exposition Salle 1
Abdelkader Benchamma – Fata Bormosa au MRAC à Sérignan – Vue de l’exposition Salle 1

Un des enjeux de son travail semble alors de rendre le visible invisible, le figuratif abstrait et l’évidence énigmatique. Mais ce qui frappe de prime abord dans son travail, c’est la puissance avec laquelle il convoque le spectateur, sa rétine, son corps et ses émotions. Ce travail nous happe littéralement, l’oscillation du dessin devient partie intégrante de notre relation à elle, alors même que, bousculés, emportés, on ne sait si nous sommes plongés dans l’infiniment grand ou l’infiniment petit. Ce trouble est matériellement rejoué par l’artiste dans un rapport très spécifique à l’espace d’exposition. Il est en cela inspiré par la théorie de la genèse des formes d’Albert le Grand au XIIIe siècle, dans laquelle le philosophe fait le postulat que les formes ne se contentent pas d’habiter un lieu mais qu’elles sont produites par lui. C’est dans le lieu que se manifeste la puissance de la matière, son appétit à se déterminer comme forme. Les dessins muraux d’Abdelkader Benchamma jouent avec cette puissance, ce génie du lieu et dans la mesure où ils sont amenés à disparaitre à l’issue de l’exposition, ils créent également une analogie avec le caractère fugace et insaisissable de l’existant.

Abdelkader Benchamma - Fata Bormosa au MRAC à Sérignan - Vue de l'exposition Salle 2
Abdelkader Benchamma – Fata Bormosa au MRAC à Sérignan – Vue de l’exposition Salle 2

Dès lors, on ne peut s’étonner que le séjour romain de l’artiste à la Villa Médicis fut particulièrement prolifique et inspirant pour lui. À Rome, Abdelkader Benchamma est fasciné par la variété et la richesse des décors des églises, et notamment par l’utilisation de certains marbres, qui par un jeu de mise en symétrie de veinures, créent des formes abstraites qui sont néanmoins chargées symboliquement et spirituellement. C’est le moment où il se plonge dans la lecture de l’oeuvre d’un ancien pensionnaire de la Villa Médicis, Georges Didi-Huberman (1984-86). Dans son ouvrage « Dissemblance et Figuration », l’historien philosophe analyse la peinture de l’artiste italien du Quattrocento Fra Angelico, et particulièrement son utilisation des faux marbres. Ces figures indéterminées et abstraites qui se dévoilent dans certaines fresques de Fra Angelico seraient une manière pour l’artiste de faire apparaître l’irreprésentable et l’invisible. Le divin se dévoile par des stigmates, autant de taches et de traces que Fra Angelico appose à la surface même des faux marbres.

Abdelkader Benchamma - Fata Bormosa au MRAC à Sérignan - Vue de l'exposition Salle 1 Détail
Abdelkader Benchamma – Fata Bormosa au MRAC à Sérignan – Vue de l’exposition Salle 1 Détail

Figurer sans représenter, voilà ce qui semble être l’ambition que ce sont donnés certains peintres de la Renaissance, dont s’est inspiré Abdelkader Benchamma : que le dessin devienne l’empreinte d’un au-delà, qu’il soit une émanation de la nature, mais une nature autre, intérieure et infigurable.

Le titre de l’exposition, Fata Bromosa, (littéralement Fée des brumes) renvoie de manière lacunaire à ce brouillage de la perception cher à Fra Angelico. Le terme évoque un phénomène optique observé par les navigateurs au Moyen-Âge et se matérialise par une superposition de mirages qui donne l’impression d’un brouillard aux bords lumineux. Les images observées sont ainsi amplifiées et déformées de manière spectaculaire, des formes étranges deviennent perceptibles au niveau de l’horizon.

Abdelkader Benchamma - Fata Bormosa au MRAC à Sérignan - Vue de l'exposition Salle 3
Abdelkader Benchamma – Fata Bormosa au MRAC à Sérignan – Vue de l’exposition Salle 3

Au Mrac Occitanie, Abdelkader Benchamma convoque tous ces enjeux et établit un dialogue entre pièces récentes et nouvelles productions, toutes reconfigurées à l’échelle du lieu. Dans un premier espace, l’artiste réalise une série de peintures sur papier inspirées par ces marbres symétriques. Pour l’artiste, ces formes qui apparaissent dans ces compositions ne sont ni plus ni moins que l’ancêtre du test de Rorschach, mais appliqué à un espace dévoué à la croyance qui plongeait le croyant dans un état réceptif, où des perceptions altérées pourraient survenir. Dans un rapport jubilatoire à la matière qui lui est coutumier, Abdelkader Benchamma crée ses dessins dans une grande variété de techniques et de médiums : la bombe aérosol côtoie le feutre délicat, et les peintures à base de cuivre, d’argent ou d’aluminium créent un jeu de correspondances avec les matériaux utilisés par les alchimistes du Moyen-Âge. Dans un deuxième espace plus intime, l’artiste propose un ensemble d’œuvres anciennes et nouvelles autour de la notion de miracles et de prodiges. Ces dessins, inspirés des mythes et légendes trouvés dans des gravures anciennes mais aussi sur internet, nous interrogent sur ces images symboliques qui ont façonné un imaginaire collectif qui tend à disparaître. Leurs persistances et leurs survivances se déclinent aujourd’hui sous d’autres formes, particulièrement sur internet, où elles donnent lieu à de nombreuses rumeurs et théories du complot. Dans un dernier espace, Abdelkader Benchamma propose un dessin monumental au sol, débordant sur les murs, oscillant entre une installation d’étranges tapis et une constellation de mosaïques, tel un paysage minéral en ruine. Jouant sur la révélation des formes et des images des lieux de cultes, il convoque ici une autre relation physique au dessin, plus immersive, avec toujours en filigrane cette interrogation sur le rapport entre les images et nos régimes de croyance.

Sandra Patron & Clément Nouet, commissaires de l’exposition.

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