Tjeerd Alkema – « Antiquités (les) Sont toujours de fabrication moderne » à la galerie AL/MA

Jusqu’au 20 juillet 2016, la galerie AL/MA présente une très belle sélection d’œuvres de Tjeerd Alkema dans le cadre de « Antiquités (les) Sont toujours de fabrication moderne » un projet conjoint avec le FRAC Occitanie-Montpellier.

Comme toujours à la Galerie AL/MA, le choix des pièces exposées et leur mise en espace sont irréprochables. Marie-Caroline Allaire-Matte a un sens aigu et affirmé de l’accrochage qui utilise au parfaitement les volumes dont elle dispose pour valoriser au mieux les œuvres sélectionnées.

Parmi ces dernières, on retrouve deux des sculptures anamorphiques en plâtre ou en polyester qui offrent toutes leur incommensurable richesse et leur inénarrable poésie à mesure que l’on tourne et retourne autour d’elles.

Ces deux machines à rêver sont accompagnées par un diptyque tout aussi fascinant d’anamorphoses en métal accroché au mur.

Sans titre [anamorphose], diptyque, 2010-2019, métal, 79 x 53 x 47,3 cm
Sans titre [anamorphose], diptyque, 2010-2019, métal, 79 x 53 x 47,3 cm

Sur le bureau, on découvre un curieux ensemble de petites pièces (2017-2018) composées de bois naturel ou teinté, de plâtre et de ciment.

Tjeerd Alkema – « Antiquités (les) Sont toujours de fabrication moderne » à la galerie ALMA ©David Huguenin
Tjeerd Alkema – « Antiquités (les) Sont toujours de fabrication moderne » à la galerie ALMA ©David Huguenin

Au-dessus, une sculpture plus ancienne (1978) et articulée interroge…
Sur la droite, le mur est occupé par deux magnifiques dessins à la craie de la même année.

Parmi ces pièces historiques, on remarquer une singulière sculpture en bois de 1969, peinte en jaune et posée sur un socle couvert de mousse.

Sans titre, 1969, bois, peinture, mousse, 80 x 47 x 47 cm
Sans titre, 1969, bois, peinture, mousse, 80 x 47 x 47 cm

Au mur en entrant comme en sortant de la galerie, deux étonnantes « spirales » photographiques attirent puis absorbent le regard du visiteur. Ces collages sur carton ont été réalisés à partir de clichés pris en 1977 dans le jardin d’un certain Vincent B.

Tout le monde aura compris que Vincent est celui dont le B appartient à ABC Productions et auquel le Musée Fabre consacre cet été une importante et remarquable rétrospective avec « Chemin de traverse ». Signalons à ce propos que Marie-Caroline Allaire-Matte assure le commissariat, à la maison des consuls aux Matelles, de « Chemin faisant » une intéressante proposition qui rassemble des dessins exécutés dans les jardins de la Villa Médicis et de très belles toiles sur le thème du Pic Saint Loup du même Bioulès.

Au moment où, pour accompagner l’inauguration du MO.CO. Hôtel des collections, Nicolas Bourriaud occupe le centre-ville avec un projet qui emprunte son titre à l’événement « 100 artistes dans la ville » de 1970, on ne peut que saluer l’initiative de la Galerie AL/LA et du Frac d’exposer le travail de celui qui fut un des initiateurs de la manifestation historique.

En effet, Tjeerd Alkema, fondateur du groupe ABC Productions – avec Jean Azémard, Vincent Bioulès et Alain Clément – fut à l’origine de « 100 artistes dans la ville » en mai 1970. On en conserve en partie la mémoire grâce au film en super 8 qu’il a tourné à l’époque.

Rappelons aussi que la galerie et le Frac s’étaient associés en 2014 autour d’un remarquable projet consacré à Jean Azémard.

Le titre ironique choisi pour cette double exposition « Antiquités (les) Sont toujours de fabrication moderne » est emprunté au Dictionnaire des idées reçues de Gustave Flaubert. Seuls des esprits taquins y percevront un trait à l’égard de la manifestation d’aujourd’hui où c’est l’institution qui invite « 100 artistes dans la ville » et où elle enferme « la Rue » dans ses salles d’exposition…

La galerie représente l’artiste à Montpellier. Elle lui a consacré plusieurs expositions personnelles en 2010, 2013 et 2015 et elle a montré ses œuvres dans le cadre d’expositions de groupe en 2013, 2015 et 2017.

Le rêve de la fileuse - trois collections en dialogue au Musée Fabre - Tjeerd Alkema, Autre Porte, Ruban de Moebius coupé et anamorphosé, 1994 - 2009
Le rêve de la fileuse – trois collections en dialogue au Musée Fabre – Tjeerd Alkema, Autre Porte, Ruban de Moebius coupé et anamorphosé, 1994 – 2009

Au-delà du Frac, on souhaite vivement que plusieurs institutions culturelles de la région fassent rapidement entrer l’œuvre de Tjeerd Alkema dans leurs collections.

En savoir plus :
Sur le site de la Galerie Al/MA
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