mardi 27 juillet 2021

The Impermanent Display (L’Exposition éphémère) LUMA Arles


Dans très riche programmation qui accompagne l’ouverture de LUMA Arles, The Impermanent Display expose une sélection d’œuvres majeures de la collection Maja Hoffmann/LUMA Foundation. Après avoir rappelé que LUMA Arles n’est pas destiné à être un espace de présentation de la collection, le dossier de presse justifie ainsi cette proposition :

« Le cours des événements qui ont affecté le monde l’année dernière – pandémie mondiale, perturbations climatiques constantes, protestations, tensions raciales, et depuis quelques années des nouveaux rapports au genre, à l’identité et à la connaissance, – a fait apparaître l’opportunité de présenter les œuvres d’artistes de ces dernières années dont la pratique semble plus pertinente que jamais dans le contexte marqué par ces changements ».

Dans la Galerie principale, située au rez-de-jardin de la Tour dessinée par Frank Gehry, sont exposées des œuvres de Ethel Adnan, Diane Arbus, Alighiero Boetti, Hans-Peter Feldman, Urs Fischer, Fischli/Weiss, Katharina Fritsch, Isa Genzken, Arthur Jafa, Mike Kelley, Paul McCarthy, Michelangelo Pistoletto, Rirkrit Tiravanija, Franz West et Christopher Wool.

La majorité des artistes est d’origine anglo-saxonne et les méditerranéens sont très minoritaires. À quelques exceptions, la plupart des pièces exposées ont été produites à la fin des années 2000 ou dans la première moitié des années 2010.

Le commissariat est assuré par Hans Ulrich Obrist, membre du Core Group de LUMA Arles, codirecteur artistique non-exécutif et Vassilis Oikonomopoulos, directeur des programmes et des expositions. Il est fort probable que Maja Hoffmann ait porté une attention particulière aux œuvres choisies comme à leur mise en espace.

Plusieurs des artistes sélectionnés pour The Impermanent Display ont entretenu des conversations avec Hans Ulrich Obrist et nombre d’entre eux ont eu les honneurs des colonnes du magazine Parkett autrefois dirigé par Bice Curiger, amie de longue date de Maja Hoffmann et aujourd’hui à la tête de la Fondation Vincent Van Gogh Arles. Les archives de la rédaction font partie des Archives Vivantes de LUMA et l’exposition La Face cachée de l’Archive présente, entre autres, un focus sur la coopération de Sigmar Polke avec Parkett

Franz West - Test, 1994 - The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann - Luma Arles 2021
Franz West – Test, 1994 – The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann – Luma Arles 2021

Dans le hall d’entrée de la Galerie principale, deux canapés de Franz West de sa série Test (1994) accueillent le public. Une dizaine de ces sièges signés West construisent la scénographie avec une volonté de perturber la relation entre l’œuvre d’art et l’exposition et de placer le visiteur « dans une position où il voit en même temps qu’il est vu »…

Franz West - Test, 1994 - The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann - Luma Arles 2021
Franz West – Test, 1994 – The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann – Luma Arles 2021

À la lecture du texte d’introduction, on perçoit que The Impermanent Display (L’Exposition éphémère) est également un discret portrait en creux de la collectionneuse et directrice générale de LUMA Arles et en particulier des relations singulières qu’elle entretient avec les artistes :

« Ces pièces témoignent de la grande diversité des sujets abordés par la collection, mais aussi de son évolution grâce à un engagement actif auprès d’artistes afin de mettre en œuvre des concepts novateurs. La sélection proposée se concentre sur des pratiques qui illustrent les liens étroits unissant la LUMA Foundation et Maja Hoffmann à des personnalités contemporaines essentielles ».

Cette exposition, comme celle qui est présentée dans la Galerie Est au rez-de-boulevard (Trois générations : œuvres issues de la collection de la fondation Emanuel Hoffmann), témoigne du support permanent de la dynastie Hoffmann en direction des artistes contemporains les plus novateurs.

Au-delà de la présentation d’œuvres « en réaction aux changements et crises socio-politiques », The Impermanent Display montre également le soutien de LUMA à des pratiques différentes et des processus de pensée visionnaires et se veut « un hommage rendu à la fragilité des idées, aussi bien qu’à la nécessité d’encourager la création de structures et de formes aussi imaginatives qu’inventives »…

Hans-Peter Feldmann - Shadowplay, 2009 - The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann - Luma Arles 2021
Hans-Peter Feldmann – Shadowplay, 2009 – The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann – Luma Arles 2021

The Impermanent Display débute par une grande boîte noire qui accueille la magistrale installation Shadowplay (2009) de Hans-Peter Feldmann. La magie du théâtre d’ombres de Feldmann, bricolé à partir de petits objets ordinaires, interroge avec pertinence et efficacité les institutions culturelles et le concept d’exposition à travers cette évocation du mythe de la caverne… Shadowplay fait aussi remonter le souvenir de l’inoubliable More Sweetly Play the Dance de William Kentridge et l’étonnant ballet des maquettes de Frank Gehry dans Solaris Chronicles en 2016…

The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann - Luma Arles 2021 - Vue de l'exposition
The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann – Luma Arles 2021 – Vue de l’exposition

Le visiteur est ensuite libre de commencer sa déambulation par la droite ou par la gauche. Ni chronologique, ni thématique, The Impermanent Display laisse au visiteur l’initiative de son parcours. La mise en espace et l’accrochage sont construits à partir les canapés de Franz West et, au centre de la Galerie principale, de trois installations imposantes de Urs Fischer (Sans titre (l’Enlèvement des Sabines), 2011), Mike Kelley (KandorlOA (Grotto), 2010) et Paul McCarthy (White Snow and Dopey, Wood, 2011) auxquelles s’ajoutent deux propositions plus modestes (par leurs dimensions) de Peter Fischli et David Weiss.

The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann - Luma Arles 2021 - Vue de l'exposition
The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann – Luma Arles 2021 – Vue de l’exposition

À l’image de l’archipel cher à Édouard Glissant et à Obrist, chacune des œuvres fonctionne indépendamment ou en dialogue avec les autres selon le regard du visiteur. The Impermanent Display n’impose pas de discours. L’exposition éphémère offre au visiteur le choix de structurer ou non son propre récit. Elle lui permet divaguer sans préjugés.

The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann - Luma Arles 2021 - Vue de l'exposition
The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann – Luma Arles 2021 – Vue de l’exposition

Toutefois, quelques rapprochements ou proximités ne semblent pas complètement fortuits ni innocents, sans pour autant articuler un propos ou forcer le regard…

The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann - Luma Arles 2021 - Vue de l'exposition
The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann – Luma Arles 2021 – Vue de l’exposition

Les conditions matérielles de la mise en exposition et notamment l’éclairage sont évidemment irréprochables. Les cartels sont enrichis de quelques lignes qui donnent avec sobriété et précision quelques repères utiles à la compréhension des œuvres.

The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann - Luma Arles 2021 - Vue de l'exposition
The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann – Luma Arles 2021 – Vue de l’exposition

Si elle apparaît comme un exercice incontournable, cette exposition inaugurale dans la Galerie principale est une très belle réussite. C’est l’occasion de voir un ensemble d’œuvres exceptionnelles qu’aucune autre institution ne peut rassembler dans la région. Cependant, on pourra noter quelques correspondances avec le très intéressant projet montré au MO.CO. Hôtel des Collections avec 00 s. Collection Cranford : les années 2000 par l’équipe dirigée par Nicolas Bourriaud.

À lire, ci-dessous, quelques regards sur l’exposition accompagnés des cartels et du texte d’introduction.

En savoir plus :
Sur le site de LUMA Arles
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The Impermanent Display : Regards sur l’exposition

Hans-Peter FeldmannShadowplay, 2009

Hans-Peter Feldmann - Shadowplay, 2009 - The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann - Luma Arles 2021

Hans-Peter FeldmannShadowplay, 2009. Cinq tables en bois, sept lampes artisanales, sept plateaux rotatifs d’objets trouvés – The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann – Luma Arles 2021.

Hans-Peter Feldmann est un artiste de renommée internationale dont le travail s’articule autour de l’accumulation d’images provenant de sources anonymes ou de photos qu’il a lui-même prises. Shadowplay (Théâtre d’ombres) souligne son attitude expérimentale envers l’expérience objective et subjective, la culture populaire et la construction des récits quotidiens qui sous-tendent la société. Feldmann assemble des objets qui illustrent l’omniprésence des reproductions dans le monde qui nous entoure, remettant ainsi en question la nature de l’originalité dans son travail. En réfléchissant à l’accumulation d’images, il expose les mécanismes de la culture et la façon dont la valeur est attribuée aux objets.

Hans-Peter Feldmann - Shadowplay, 2009 - The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann - Luma Arles 2021
Hans-Peter Feldmann – Shadowplay, 2009 – The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann – Luma Arles 2021

Shadowplay est l’une de ses œuvres emblématiques. Il s’agit d’une installation à la croisée de la photographie et du cinéma, de l’installation environnementale et du théâtre. Elle utilise le mouvement et la lumière comme éléments de composition afin de proposer une réflexion poétique sur les innombrables façons d’interpréter les images. Des silhouettes en mouvement apparaissent sur les murs éclairés de la chambre noire. Ce sont les ombres de petits objets disposés sur des plates-formes rotatives rondes, éclairées par des lampes.

Hans-Peter Feldmann - Shadowplay, 2009 - The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann - Luma Arles 2021
Hans-Peter Feldmann – Shadowplay, 2009 – The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann – Luma Arles 2021

Des figurines d’enfants, des porte-clefs et de petits souvenirs interagissent dans une présentation théâtrale inspirée de la photographie et du cinéma. Ils abordent le concept d’illusion, l’identité personnelle et l’ambiguïté des structures culturelles et des mythes, tout en révélant la nature allégorique de la construction de la réalité.

Diane ArbusEnsemble de tirages réalisés par Neil Selkirk, Archive

The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann - Luma Arles 2021 - Vue de l'exposition Copyrights © Marc Domage
The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann – Luma Arles 2021 – Vue de l’exposition Copyrights © Marc Domage

Diane ArbusCarroll Baker onscreen in « Baby Doll » (with Passing Silhouette), 1956 ; Half-Man, Halfwoman, (Bruno Cazzaniga), N.Y.C. 1961. Ensemble de tirages réalisés par Neil Selkirk, Archive. Tirages noir et blanc sur papier baryté – The Impermanent Display, Collection Maja Hoffmann – Luma Arles 2021

Diane ArbusMasked child with doll, N.Y.C. 1961 ; Female impersonators in Mirrors, N.Y.C, 1958. Ensemble de tirages réalisés par Neil Selkirk, Archive. Tirages noir et blanc sur papier baryté – The Impermanent Display, Collection Maja Hoffmann – Luma Arles 2021

Ces photographies de Diane Arbus datant de la fin des années 1960 et des années 1970 sont devenues les portraits puissants d’une société en constante évolution. Des décennies plus tard, elles illustrent les changements culturels et sociaux qui se produisent actuellement dans le monde entier. Avec son appareil photo, Arbus a capturé l’intimité et la fragilité de la nature humaine, donnant à ses sujets un moment d’immortalité, apparaissant dans un cadre qui résiste à la compréhension conventionnelle du temps et du lieu.

Diane Arbus - Ensemble de tirages réalisés par Neil Selkirk, Archive - The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann - Luma Arles 2021

Diane ArbusAn empty movie theatre, NYC 1971 ; Untitled (46) 1970- 71 (cereal boy) ; Girl with a cigar in Washington Square Park, N.Y.C. Ensemble de tirages réalisés par Neil Selkirk, Archive. Tirages noir et blanc sur papier baryté – The Impermanent Display, Collection Maja Hoffmann – Luma Arles 2021

Remettant en question les concepts de normalité et de structures sociales communément admis, ses photographies présentent un paysage ambigu et varié d’identités et de mondes existant côte à côte. L’extraordinaire perceptivité souvent mêlée de dureté de l’appareil photo illustre l’affection et la fascination d’Arbus pour la précarité cachée sous la surface du courant culturel dominant, ainsi que sa sensibilité aux imperfections et aux fragilités de la société.

Diane Arbus - Ensemble de tirages réalisés par Neil Selkirk, Archive - The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann - Luma Arles 2021

Diane ArbusMan in an Idian headdress, N.Y.C. 1969 ; Transvestite with a picture of Marilyn Monroe, N.Y.C. 1967 ; A young man and his pregnant wife in Washington Square Park, 1965. Ensemble de tirages réalisés par Neil Selkirk, Archive. Tirages noir et blanc sur papier baryté – The Impermanent Display, Collection Maja Hoffmann – Luma Arles 2021

La sélection d’images de cette exposition reste puissamment chargée d’un sens accru associé aux moments de la vie où se mêlent difficultés et désespoir, conflit et célébration, isolement et transition.

Michelangelo PistolettoVideo ripresa (Prise de vue), 2008 et Sans titre, 2008

Michelangelo Pistoletto - Video ripresa (Prise de vue), 2008 et Sans titre, 2008 - The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann - Luma Arles 2021

Michelangelo Pistoletto – Video ripresa (Prise de vue), 2008 et Sans titre, 2008. Sérigraphies sur acier inoxydable poli miroir – The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann – Luma Arles 2021

Au cours d’une carrière qui s’étend sur plus de cinquante ans, l’inventivité de Michelangelo Pistoletto aborde les confrontations et les dualismes à l’œuvre dans la société. L’utilisation de l’acier poli réfléchissant dans ses peintures soulève des questions d’identité, de perception et d’engagement au sein de la culture contemporaine et la réalité quotidienne. Des photographies de personnes sont sérigraphiées sur les surfaces à l’échelle réelle.
Pistoletto s’intéresse aux instruments de capture d’images, comme l’appareil photo. Porté à l’épaule, il semble appartenir au passé, en contradiction avec la réalité actuelle d’une société hautement médiatisée. Le manifestant, quant à lui, peut être considéré comme une représentation puissante des émeutes et des protestations qui ont lieu dans le monde entier, une réalité qui illustre des changements sociétaux radicaux. Une partie de la surface est laissée vide, faisant ainsi apparaître le spectateur aux côtés des figures représentées. L’image fixe est juxtaposée à l’image en mouvement, provoquant la collision du passé et du présent, de l’image et de la réalité. Il s’agit d’une œuvre ouverte où la contingence de la réalité entre dans le domaine de l’œuvre d’art. La production de la réalité est un thème central à la pratique de Pistoletto. En tournant le regard à travers la caméra vers la figure du manifestant et à travers le miroir vers le public, les œuvres jouent sur notre perception du réel et de l’artificiel, suggérant ainsi l’exubérance et l’émotion exacerbée d’être présent mais aussi de participer.

Peter Fischli et David WeissUntitled, 2011

Peter Fischli et David Weiss – Untitled, 2011 - The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann - Luma Arles 2021

Peter Fischli et David Weiss – Untitled, 2011. Deux sculptures en argile crue et caoutchouc sur socle – The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann – Luma Arles 2021

Les sculptures font partie de la série « Walls, Corners, Tubes » réalisée entre 2009 et 2012. Dans cette série, Fischli et Weiss ont exprimé leur intérêt de longue date pour les objets du quotidien, en créant un groupe de formes géométriques simples inspirées des éléments architecturaux les plus élémentaires. Pourtant, présentés sur des piédestaux et à une échelle inhabituelle, ces objets sont différents de leurs homologues fonctionnels de la vie réelle. Contrairement à de nombreuses œuvres des artistes, ils résistent à l’interprétation narrative, offrant plutôt une réflexion soutenue sur le matériau et la forme.
En plaçant côte à côte des formes presque identiques, Fischli et Weiss soulignent les différences entre les matériaux. Comment un matériau modifie-t-il l’effet global d’une forme ? L’opacité et l’aspect industriel du caoutchouc noir contrastent fortement avec la surface brute et organique de l’argile. Dans la mesure où les formes presque identiques sont créées à partir des deux matériaux contrastés, il y a une évocation des différences entre culture et nature, production technique rapide et lenteur artisanale méticuleuse, résistance et évanescence. Ils s’inscrivent dans la série des « oppositions populaires » que les artistes déploient pour renverser les attentes et remettre en question les hiérarchies : naturel contre artificiel, abstraction contre représentation, matériau contre concept.

Peter Fischli et David Weiss – Untitled, 2012 - The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann - Luma Arles 2021

Peter Fischli et David Weiss – Untitled, 2012. Palette, deux blocs empilés et objets. polyuréthane et peinture sur bois – The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann – Luma Arles 2021

Christopher WoolSans titre (P135), 1989-1990

Christopher Wool - Sans titre (P135), 1989-1990 - The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann - Luma Arles 2021

Christopher Wool – Sans titre (P135), 1989-1990. Peinture alkyde sur aluminium – The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann – Luma Arles 2021

Sans titre (P135) est caractéristique de la pratique conceptuelle subversive de Christopher Wool. Influencée par les traditions minimalistes, mais les défiant également, cette toile fait écho à l’immédiateté du mot RIOT (émeute). Sa signification rebelle et anarchique souligne le scandale, la provocation et la séduction de la protestation de rue dont elle s’inspire. Les concepts de liberté, de manifestation et d’un monde au bord de la désintégration caractérisent la tendance de Wool à imprégner sa peinture d’une signification politique.
Les lettres au pochoir, qui ressemblent à des graffitis, conservent une forte puissance expressive. Elles oscillent entre technicité de la peinture et geste urbain. Ce tableau dépeint la rue comme un théâtre des possibles et insiste sur l’émeute comme pratique caractéristique de la condition humaine et de l’action politique ayant défini le parcours de l’histoire à travers les siècles. Il témoigne des transformations urbaines, de l’inévitabilité du changement, et des heurts qui façonnent le passage d’un état d’ordre à un autre.

Isa GenzkenNofretete, 2014 et Madonna mit Kind (Della Robbia), 2006

Isa Genzken – Nofretete, 2014 - The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann - Luma Arles 2021

Isa GenzkenNofretete, 2014. Sept bustes en plâtre avec lunettes de soleil sur bases en bois, socles en bois sur roulettes et 4 plaques d’acier. – The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann – Luma Arles 2021

Considérée comme l’une des artistes majeures de sa génération, Isa Genzken manifeste dans son œuvre des tendances iconoclastes sondant les frontières de l’histoire de l’art. Ses assemblages hétérogènes interrogent la place des formes classiques et modernistes.
Ces deux œuvres, Nofretete et Madonna mit Kind [Della Robbia], traitent de deux figures féminines très reconnaissables, la reine égyptienne Néfertiti et la Vierge Marie. Avec un humour caractéristique de sa pratique, Genzken ajoute, de manière ludique, des éléments populaires à ces deux figures. Les sculptures de Néfertiti sont transformées par l’ajout de lunettes de soleil contemporaines, tandis qu’une visière rouge fait office de halo sur le bas-relief de la Vierge Marie.

Isa Genzken – Madonna mit Kind (Della Robbia), 2006 - The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann - Luma Arles 2021

Isa Genzken – Madonna mit Kind (Della Robbia), 2006. Peinture en spray, vernis et verre sur relief en plâtre. – The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann – Luma Arles 2021

L’esthétique kitsch et populaire de ces éléments suggère le côté humain de ces figures mythologisées, en créant une relation avec les qualités proprement humaines de fragilité et de vulnérabilité des œuvres, et en sapant les concepts classiques de la sculpture.

Katharina FritschUntitled, 2006-2007

Katharina Fritsch - Untitled, 2006-2007 - The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann - Luma Arles 2021

Katharina Fritsch – Untitled, 2006-2007. Bronze et peinture – The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann – Luma Arles 2021

Se situant au croisement de l’iconographie et du folklore religieux, la sculpture de Katharina Fritsch relève de l’apparition. Par sa miniaturisation et son mono-chromatisme, elle revêt une signification symbolique. Sa représentation archétypale de la sainteté (robe, regard, couronne d’épines) renvoie aux récits et mythologies propre à la religion. Plus largement, l’œuvre évoque l’impact et la nature de la culture populaire quant à ce qui est considéré comme sacré ou profane.

Katharina Fritsch - Untitled, 2006-2007 - The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann - Luma Arles 2021

Untitled représente Catherine de Sienne, sainte patronne de l’Église catholique dont les écrits ont largement soutenu la papauté, et aujourd’hui célébrée en tant que protectrice des médias. Jouant de la mémoire collective, la représentation de cette figure sous la forme d’un objet de souvenir magnifié, à l’image de ceux que proposent les boutiques, témoigne de l’intérêt de l’artiste pour la nature arbitraire de la religiosité et la croyance, la superstition, et la vie rationnelle contemporaine.

Urs FischerSans titre (l’Enlèvement des Sabines), 2011

Urs Fischer - Sans titre (l'Enlèvement des Sabines), 2011 - The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann - Luma Arles 2021
Urs Fischer – Sans titre (l’Enlèvement des Sabines), 2011 – The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann – Luma Arles 2021

Urs Fischer allie expérimentation et dextérité technique dans son travail. Il cherche constamment à dépasser les règles données, en créant des sculptures en décomposition, des images obstruées, des peintures saturées et des compositions dynamiques empreintes d’humour et d’irrévérence. Avec un goût pour le fantastique, il propose des environnements hallucinatoires où les corps se juxtaposent, et où les objets se déplacent ou changent d’échelle. Il est connu pour ses sculptures transitoires, en cire ou en argile brute, suggérant un monde en ruine.

Urs Fischer - Sans titre (l'Enlèvement des Sabines), 2011 - The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann - Luma Arles 2021 © Marc Domage

Urs FischerSans titre (l’Enlèvement des Sabines), 2011. Cire, pigment, mèche – The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann – Luma Arles 2021 © Marc Domage

Sans titre (l’Enlèvement des Sabines), présentée pour la première fois à la Biennale de Venise en 2011, est caractéristique de sa pratique. Le chef-d’œuvre du sculpteur italo-flamand Giambologna, l’Enlèvement des Sabines (1579-1583), est ici recréé dans un moulage en cire qui fond pendant l’exposition.

Les trois personnages enlacés dans une posture verticale disparaissent dans des coulées de plus de six mètres de long. Cette sculpture monumentale est un événement en soi : en s’éteignant, elle s’écrase de manière spectaculaire.

Franz WestSans titre, 2009

Franz West - Sans titre, 2009 - The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann - Luma Arles 2021

Franz West – Sans titre, 2009. Papier mâché, peinture, métal. – The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann – Luma Arles 2021

Franz West a accentué la tension dynamique entre le geste expressif, l’interaction physique et la matérialité. Figure clef de l’avant-garde, West a repoussé les limites et les codes de la production artistique, ainsi que la relation entre œuvre d’art et le spectateur. Son travail remet en question, de manière ludique, la façon dont le savoir se structure et se communique, dont l’expérience se forme, et dont les objets et les concepts peuvent engager un dialogue actif et permanent les uns avec les autres lorsqu’ils sont vécus, manipulés et déployés par les participants. West a révolutionné ce qui fut la norme et la matérialité de la production artistique. En exposant les procédés, l’action et la réaction, il s’est fait le champion de l’incarnation participative et d’une vision de l’art démocratique et commune.

Franz West – Sans titre, 2009. Papier mâché, peinture, métal. – The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann – Luma Arles 2021

Dans ses sculptures Sans titre, les formes classiques sont fragmentées et brisées. En utilisant des matériaux recyclés tels que du papier mâché fait de journaux et d’annuaires, West a mis au point une représentation puissante de la sculpture libérée des conventions. Ses sculptures aux couleurs vives se caractérisent par une théâtralité tirant sur le carnavalesque. L’évocation de formes humaines – masques et corps difformes – sous-tend un point de vue unique sur l’impression de la figure et de la forme humaines.

Franz West – Test, 1994. Acier, caoutchouc mousse, housses en coton. – The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann – Luma Arles 2021.

Test fait partie d’une série d’installations de canapés où l’œuvre d’art et le mobilier fusionnent. West était connu pour faire de l’art une expérience sociale. Les canapés sont destinés à être manipulés par le public et conçus comme des œuvres d’art s’adaptant au corps humain au repos. Lorsqu’ils sont utilisés, ils inversent la relation entre l’œuvre d’art et l’exposition, plaçant le public dans une position où il voit en même temps qu’il est vu.

Arthur JafaLeRage, 2017

Arthur Jafa - LeRage, 2017 - The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann - Luma Arles 2021

Arthur Jafa – LeRage, 2017. Impression couleur sur Dibond, plaque en aluminium et base en acier. – The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann – Luma Arles 2021

Arthur Jafa est l’une des figures les plus influentes de sa génération, ayant développé un langage très singulier. À travers des films et des installations, il remet en question les hypothèses culturelles sur l’identité et la race. LeRage montre une image de Hulk, personnage populaire de l’univers Marvel qui se transforme lorsqu’il est submergé par la colère. Hulk, connu pour sa peau vert fluo, est ici présenté comme noir. La sculpture souligne l’intérêt de Jafa pour la science-fiction et les bandes dessinées, tout en définissant la force et la résistance qui caractérisent l’expérience afro-américaine.

Mike KelleyKandorlOA (Grotto), 2010

Mike Kelley - KandorlOA (Grotto), 2010 - The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann - Luma Arles 2021

Mike Kelley – KandorlOA (Grotto), 2010. Mousse recouverte de verre soufflé avec élastomère, revêtement en résine à l’eau, bois, émail synthétique d’uréthane, peinture acrylique, luminaires, vêtements. – The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann – Luma Arles 2021

À travers son art, Mike Kelley cherche à évoquer, par différents moyens, l’influence exercée par la culture populaire et les idées utopistes. Il explore différentes contre-cultures afin de révéler les traumatismes de l’enfance et de l’éducation. L’humour lui permet de subvertir l’héritage du modernisme dont il interroge le projet qui contribue à perpétuer des systèmes d’exclusion et d’inclusion. Il est connu pour sa série emblématique intitulée Kandor, et dont Kandor 10A (Grotto) fait partie.

Mike Kelley - KandorlOA (Grotto), 2010 - The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann - Luma Arles 2021

Dès la fin des années 1990, l’œuvre de Kelley se concentre sur la ville futuriste et imaginaire de Kandor, où réside le héros de bande dessinée, Superman. Au cours de ses recherches sur les diverses représentations de la ville dans la série, l’artiste réalise que celle-ci – marquée de références modernistes – n’est jamais représentée de façon identique. Cette incohérence devient le fondement même de son œuvre, au travers d’installations qui évoquent les différents aspects de cette cité. Réalisées le plus souvent à partir de résine et offrant des couleurs vives, ces représentations sont placées sous des cloches de verre, tout comme l’était la ville, miniaturisée et enfermée dans une grotte alimentée en oxygène, dans la bande dessinée originelle. L’œuvre s’accompagne d’une bouteille d’oxygène et de différents éléments multimédia.

Mike Kelley - KandorlOA (Grotto), 2010 - The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann - Luma Arles 2021

À l’aune de la récente pandémie où l’apport en oxygène est devenu essentiel pour les patients hospitalisés à travers le monde entier, l’œuvre de Kelley revêt une signification nouvelle en incitant le spectateur à reconsidérer la question d’un futur utopique ou de la science-fiction en un temps où ces notions semblent s’affronter et s’effondrer.

Rirkrit TiravanijaThe Days of this Society Is Numbered, 2010

The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann - Luma Arles 2021 - Vue de l'exposition Copyrights © Marc Domage
The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann – Luma Arles 2021 – Vue de l’exposition Copyrights © Marc Domage

Rirkrit Tiravanija est surtout connu pour ses installations qui remettent en question les pratiques muséales normatives, en prenant la forme d’une interaction sociale. Son travail explore les nouvelles connexions à l’œuvre le monde et un sentiment d’interdépendance, de coexistence et de convivialité. L’utilisation du langage joue un rôle central, souvent associé à des interprétations ludiques de citations issues de références diverses.

Rirkrit Tiravanija - The Days of this Society Is Numbered, 2010 - The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann - Luma Arles 2021

Rirkrit Tiravanija – The Days of this Society Is Numbered, 2010. Acrylique et papier journal sur toile en lin – The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann – Luma Arles 2021

Les peintures de grande envergure de cette installation se fondent sur des journaux que l’artiste a reçus à l’automne 2008, époque historique tendue au cours de laquelle s’est déroulée la crise financière mondiale. Les pages de journaux révèlent un monde en transition, où les choses semblent s’effondrer rapidement, mais aussi un monde où les choses restent les mêmes. La phrase allégorique grammaticalement incorrecte « Les jours de cette société est compté » fait allusion, de manière ludique, aux différentes perspectives à travers lesquelles la réalité peut être vécue. L’humour manifeste de l’œuvre subvertit avec maestria le ton de malheur et d’effondrement que l’on retrouve dans les nouvelles de l’époque.

Paul McCarthyWhite Snow and Dopey, Wood, 2011

Paul McCarthy - White Snow and Dopey, Wood, 2011 - The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann - Luma Arles 2021

Paul McCarthy – White Snow and Dopey, Wood, 2011. Noyer noir – The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann – Luma Arles 2021

Le travail de Paul McCarthy révèle une conscience aiguë des structures culturelles, politiques et sociales qui dominent le monde contemporain. Ses œuvres sont iconoclastes et transgressives, exposant et dénonçant la violence du patriarcat, des médias et de la politique occidentale, principalement par le biais de films, de performances et d’installations de grande envergure. L’une de ses plus grandes réussites est le démarquage des traumatismes sociaux, à l’aide de techniques qui bousculent les traditions esthétiques en produisant des images d’humiliation et de perversion excessives mêlées d’humour et d’intimité.
En créant des sculptures qui représentent des personnages de l’enfance exécutant des actions obscènes et dérangeantes, McCarthy déconstruit les mythes de pureté qui entourent ces figures pour révéler leur nature liminale commercialisée et sexualisée, tout en réfléchissant à la part d’ombre de la nature humaine.

Paul McCarthy - White Snow and Dopey, Wood, 2011 - The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann - Luma Arles 2021

Paul McCarthy – White Snow and Dopey, Wood, 2011. Noyer noir – The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann – Luma Arles 2021

La sculpture White Snow and Dopey, Wood (2011) a été réalisée en bois de noyer foncé, à partir d’un modèle en argile, en ayant recours à la modélisation 3D. Le support lui-même bouleverse la visualisation des formes. Le public devient un voyeur, s’approchant au plus près pour distinguer les traits inquiétants de Blanche-Neige et du nain Simplet, qui jouent ensemble une scène entre plaisir, perversion et appel au secours.

Etel AdnanSans titre, 2010-2015

Etel Adnan - Sans titre, 2010-2015 - The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann - Luma Arles 2021

Etel Adnan – Sans titre, 2010-2015. Ensemble de onze tableaux Huile sur toile – The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann – Luma Arles 2021

Etel Adnan travaille sur un large éventail de supports, dont la peinture, le dessin et la sculpture. Poète et auteure renommée, elle est l’une des figures littéraires les plus célèbres et les plus accomplies du monde entier, et l’une des plus importantes représentantes de la « diaspora arabe ». Des traces personnelles et physiques relient l’intimité de son travail à un contexte plus vaste, dont les éléments abordent des thèmes tels que la mémoire du lieu, l’appartenance, le conflit et l’émancipation.

Etel Adnan - Sans titre, 2010-2015 - The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann - Luma Arles 2021
Etel Adnan – Sans titre, 2010-2015 – The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann – Luma Arles 2021

Les tableaux d’Etel Adnan évoquent des paysages dont les formes font référence à des lieux spécifiques. Le mont Tamalpais, en Californie, et le mont Liban sont des sujets récurrents dans nombre de ses peintures et poèmes. Pour Adnan, les lieux et les récits recèlent un pouvoir conceptuel. Sa palette réduite et ses formes simples évoquent et immortalisent la liaison des souvenirs, en assemblant des éléments qui montrent toujours quelque chose de nouveau.

Etel Adnan - Sans titre, 2010-2015 - The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann - Luma Arles 2021
Etel Adnan – Sans titre, 2010-2015 – The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann – Luma Arles 2021


Adnan a été une figure importante dans le développement de LUMA. Sa présence se reflète dans plusieurs registres, notamment dans la manière dont elle a influencé une jeune génération d’artistes. Adnan a décrit LUMA Arles comme un phare de la Méditerranée.

Etel Adnan - Sans titre, 2010-2015 - The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann - Luma Arles 2021
Etel Adnan – Sans titre, 2010-2015 – The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann – Luma Arles 2021

Ces toiles sont un portail intime vers le travail d’Adnan, d’autant plus personnel qu’elles reflètent l’engagement continu de LUMA envers l’œuvre d’Adnan – ce que viennent illustrer les nouvelles commandes d’œuvres.

Alighiero Boetti – Mappa, 1988-1989

Alighiero Boetti - Mappa, 1988-1989 - The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann - Luma Arles 2021

Alighiero Boetti – Mappa, 1988-1989. Broderie, tendue sur châssis. – The Impermanent Display , Collection Maja Hoffmann – Luma Arles 2021

Les cartes brodées d’Alighiero Boetti ont vu le jour au début des années 1970. L’artiste a continué à produire ces œuvres jusqu’à la fin de sa vie. Les cartes de Boetti sont devenues des œuvres iconiques, reflet de sa pratique multiforme. Leur apparence était déterminée par les développements et transformations géopolitiques, les changements de frontières ou d’emblèmes nationaux, ainsi que par l’interprétation active du monde par les artisans d’Afghanistan et du Pakistan qui les fabriquaient. En soulignant le fait que rien n’est permanent dans le monde, la Mappa de Boetti rappelle les changements constants qui définissent notre sens de la réalité.

The Impermanent Display : Texte d’introduction

The Impermanent Display (L’Exposition éphémère) célèbre la nature fugace de l’expérience, de l’imagination et de la transformation. Elle illustre les idées visionnaires explorées par des artistes dont l’œuvre, par son extrême influence, nourrit le développement de pratiques et de discours artistiques au niveau international. L’exposition propose une sélection de pièces majeures provenant de la collection Maja Hoffmann/LUMA Foundation. Ces pièces témoignent de la grande diversité des sujets abordés par la collection, mais aussi de son évolution grâce à un engagement actif auprès d’artistes afin de mettre en œuvre des concepts novateurs. La sélection proposée se concentre sur des pratiques qui illustrent les liens étroits unissant la LUMA Foundation et Maja Hoffmann à des personnalités contemporaines essentielles. Que ce soit au travers d’une installation, de la photographie, de la sculpture ou de la peinture, les pièces présentées évoquent les transformations essentielles qui se produisent aujourd’hui en réaction aux changements et crises socio-politiques.

The Impermanent Display se veut un témoignage de la nature changeante du monde et de l’émergence de nouveaux récits. Bouleversements sociaux, disparition des mythes, tels sont les thèmes qui marquent l’exposition, également traversée de façon sous-jacente par la convivialité, le ludique, le partage d’expérience. Fondamentalement concernées par la saisie et la compréhension de la transition actuelle, un certain nombre d’œuvres présentées illustrent les tensions entre passé récent, présent et avenir. D’autres encore abordent des sujets intimes et articulent des idées ou notions puissantes en réfléchissant au lien qui unit phénomènes éphémères et événements.

La sélection proposée ici met en valeur la vision à long terme d’artistes qui ne cessent d’inventer de nouvelles réalités, de questionner le caractère subjectif de l’expérience au travers de leurs œuvres. Directes, méticuleusement conçues, ces œuvres ouvrent un espace d’interrogation et d’analyse en s’intéressant aux mécanismes par lesquels nous donnons du sens au monde, grâce à l’accumulation et la combinaison d’images, d’histoires, de récits. Abordant des médias artistiques différents, tels que l’installation, la photographie, la sculpture ou la peinture, les pièces exposées attirent l’attention sur la dissolution des dichotomies entre les processus ou les disciplines. Au travers d’images intimes, de réflexions poétiques sur les innombrables interprétations possibles de la réalité et de la négociation continue avec les normes sociétales et culturelles, elles favorisent la manifestation de perspectives dissimulées sous la surface des choses.

De façon similaire, The Impermanent Display rend compte d’un voyage subjectif à travers des œuvres artistiques, aussi bien que de l’engagement de LUMA, LUMA Foundation et Maja Hoffmann dans le soutien apporté à des pratiques différentes et des processus de pensée visionnaires. The Impermanent Display est un hommage rendu à la fragilité des idées, aussi bien qu’à la nécessité d’encourager la création de structures et de formes aussi imaginatives qu’inventives.

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