Sous la peau à la Double V Gallery – Marseille

Mise à jour le 15 septembre 2019

À l’occasion de la Rentrée de l’Art Contemporain 2019, la Double V Gallery propose « rendez-vous à au crépuscule de l’été, pour aller voir sous la peau. Au-delà du visible… »

« Sous la peau » à la Double V Gallery - vue de l'exposition
« Sous la peau » à la Double V Gallery – vue de l’exposition

Avec ce titre particulièrement bien choisi, Nicolas Veidig-Favarel présente une nouvelle série d’œuvres de Manoela Medeiros, Anton Alvarez, Thierry Liégeois et Ugo Schiavi déjà exposés à la Double V Gallery. Thomas Teurlai dont on a souvent apprécié le travail à Marseille (Prix des ateliers de la Ville de Marseille et Viandes Foraines à la Friche) comme à Montpellier ( Crash test – la révolution moléculaire à la Panacée et Téquaté LO Niktété avec Le Wonder/Liebert chez Les Mécènes du Sud) rejoint pour la première fois les espaces de la rue Saint-Jacques.

On a plusieurs fois souligné ici le savoir-faire incontestable de cette jeune galerie et sa capacité à innover et à surprendre avec une programmation inspirée et cohérente, des accrochages audacieux, mais toujours justes et des présentations scénographiques inventives…

Dans une récente chronique, on pressentait l’affirmation d’une approche inédite de l’exposition et l’émergence d’une « mouvance » originale et créative autour des artistes et des commissaires réunis par Nicolas Veidig-Favarel

On attendait donc avec beaucoup de curiosité et même une certaine impatience de découvrir ce qui se cache « Sous la peau »…

Si nous avons souvent exprimé notre enthousiasme à propos des accrochages de la Double V Gallery, on n’hésite pas à écrire que celui de « Sous la peau » est un peu en deçà de nos attentes. Mais on ajoutera immédiatement que ce qui a troublé notre regard relève avant d’un excès de générosité de la part du galeriste et de la place très importante que prend le projet « Loots » de Ugo Schiavi et Thomas Teurlai. Une chronique est par ailleurs dédiée à leur installation dans le local mis à la disposition de Nicolas Veidig-Favarel par Isabelle Carta de l’autre côté de la rue.

Pour « Sous la peau », le volume de la galerie a été modifié avec la mise en place d’une cimaise qui occulte partiellement l’espace sous la mezzanine. Deux salles ont ainsi été créées.

« Sous la peau » à la Double V Gallery - vue de l'exposition
« Sous la peau » à la Double V Gallery – vue de l’exposition

La première, ouverte sur la rue Saint-Jacques, présente un volume proche du cube. Retour ironique (?) au White Cube avec des murs bien blancs pour la Double V Gallery qui a su si souvent s’éloigner de ce format… La surface d’accrochage, probablement augmentée, permet une présentation plus dense qui a tendance parfois à provoquer une instabilité, un papillonnement du regard. Cette perception troublée est renforcée par l’espace qu’occupent les cinq « prélèvements de graffiti » d’Ugo Schiavi et Thomas Teurlai dont le magnétisme puissant parasite un peu les autres œuvres exposées… Pourtant, celles-ci méritent à l’évidence attention.

Anton Alvarez - Yves Kiln, 2018 - « Sous la peau » à la Double V Gallery
Anton Alvarez – Yves Kiln, 2018 – « Sous la peau » à la Double V Gallery

Dans la vitrine, les deux céramiques émaillées d’Anton Alvarez (Yves Kiln, 2018) paraissent tourner le dos à ce qui se joue dans la galerie…

Thierry Liégeois - A true landscape, man !, 2019 - « Sous la peau » à la Double V Gallery
Thierry Liégeois – A true landscape, man !, 2019 – « Sous la peau » à la Double V Gallery

Au revers, on découvre un premier caisson lumineux et animé de Thierry Liégeois

Manoela Medeiros - Ruine, 2019 - « Sous la peau » à la Double V Gallery
Manoela Medeiros – Ruine, 2019 – « Sous la peau » à la Double V Gallery

Sur la droite, une superbe pièce de Manoela Medeiros (Ruine, 2019) semble suggérer l’existence oubliée d’un escalier…

« Sous la peau » à la Double V Gallery - vue de l'exposition
« Sous la peau » à la Double V Gallery – vue de l’exposition

Au centre, posé comme un totem, un « prélèvement de graffiti et caisson en bois » de la série « Loots » de Teurlai et Schiavi paraît remettre en cause tous les principes de conservation préventive. Comment ne pas apprécier l’humour, l’ironie et la joyeuse provocation des deux artistes à l’égard des rigoureuses prescriptions de l’INP et des conservateurs qui en sont issus ? Cependant, cette mise en place iconoclaste encombre quelque peu la vision des petits formats de Manoela Medeiros et celle d’une deuxième pièce de la série « A true landscape, man ! » de Thierry Liégeois

« Sous la peau » à la Double V Gallery - vue de l'exposition
« Sous la peau » à la Double V Gallery – vue de l’exposition

Quatre autres « Loots » à l’horizontale conduisent vers la seconde salle aménagée sous la mezzanine. Tout en longueur, cette sorte de couloir mène vers des « réserves ».

« Sous la peau » à la Double V Gallery - vue de l'exposition
« Sous la peau » à la Double V Gallery – vue de l’exposition

Le galeriste a choisi d’y accrocher des œuvres de taille plus réduite. D’un côté, on peut voir le troisième caisson de « A true landscape, man ! » de Thierry Liégeois, un moulage de Ugo Schiavi (Sans titre, 2019) et un casque de moto passé à la presse hydraulique de Thomas Teurlai (Ex-voto, 2019)…

L’œuvre suivante, comme celles exposées en face, n’est pas au catalogue de « Sous la peau ».

« Sous la peau » à la Double V Gallery - vue de l'exposition
« Sous la peau » à la Double V Gallery – vue de l’exposition

Il faut s’avancer dans ces réserves pour découvrir, dans une petite niche, un autre moulage d’Ugo Schiavi, « Les mains de Jeanne d’Arc, 2019 », réalisé lors de sa résidence au Musée des Beaux Arts d’Orléans, au printemps dernier…

Ugo Schiavi -  Les mains de Jeanne d’Arc, 2019 - « Sous la peau » à la Double V Gallery
Ugo Schiavi –  Les mains de Jeanne d’Arc, 2019 – « Sous la peau » à la Double V Gallery

Au-delà de ce regard pour une fois légèrement critique sur l’accrochage, « Sous la peau » mérite évidement un passage par la Double V Gallery

Les « Loots » de Ugo Schiavi et Thomas Teurlai font l’objet d’une chronique à lire ici.

Ugo Schiavi et Thomas Teurlai - Loots, 2019 - « Sous la peau » à la Double V Gallery
Ugo Schiavi et Thomas Teurlai – Loots, 2019 – « Sous la peau » à la Double V Gallery

À l’occasion d’une nouvelle collaboration avec Contemporary Istanbul, la foire d’art contemporain d’Istanbul, Art-o-rama invite deux galeries d’Istanbul dont The Pill qui présentera Ugo Schiavi avec des œuvres colossales, de sa série Uprising, présentées à la Nuit Blanche ainsi que des pièces commandées pour son exposition personnelle au Musée des Beaux-Arts d’Orléans. Double V Gallery est une des trois galeries marseillaises invitées à participer Contemporary Istanbul.

the Pill (Istanbul) - Eva Nielsen, Ugo Schiavi - Art-o-rama 2019
the Pill (Istanbul) – Eva Nielsen, Ugo Schiavi – Art-o-rama 2019

À lire ci-dessous, le texte de présentation de « Sous la peau » par la Double V Gallery, ainsi que des repères biographiques extraits du dossier de presse pour Manoela Medeiros, Anton Alvarez, Thierry Liégeois, Ugo Schiavi et Thomas Teurlai.

En savoir plus :
Sur le site de la Double V Gallery
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À l’occasion de la Rentrée de l’Art Contemporain 2019, Double V est heureuse de présenter une nouvelle série d’oeuvres de Manoela Medeiros, Anton Alvarez, Thierry Liégeois, et Ugo Schiavi, en collaboration avec Thomas Teurlai, pour la première fois présenté entre ses murs.

L’engagement physique dans l’acte de création est une fois de plus mis en évidence dans cette proposition. Qu’ils dépouillent, excavent, ou mettent à nu… Chacun à sa manière s’est détourné des mediums traditionnels afin de se confronter directement à la matière et concevoir des œuvres à l’esthétique brute et frappante.

Les fragments de murs, la terre, la lumière électrique sont autant de moyens dont les artistes se saisissent afin d’en révéler les plus intimes singularités.

Avec le projet LOOTS, Ugo Schiavi & Thomas Teurlai transforment le white cube en entrepôt clandestin, lieu de recel de pans de murs graffés, savamment prélevés dans l’espace public. Roulés et stockés comme dans les réserves de musées. Thierry Liégeois réactive les panneaux lumineux délabrés qui décoraient les intérieurs kitsch des années 1990-2000. Une fois réparés, ils trouvent une nouvelle vie cette fois dépouillés de leur décor illusoire : bancs de dauphins animés sur fond de couchés de soleil exotiques.

Manoela Medeiros présente quant à elle le fruit de ses nouvelles expérimentations, pénétrant l’histoire des lieux et le silence des murs pour révéler ce qu’ils ont de plus sensible, à travers deux types de productions : Continents et Ruines.

En inventant sa propre machine, l’artiste suédo-chilien Anton Alvarez donne naissance à des sculptures en céramiques extraites d’une presse de trois tonnes. Comme de la peinture pressée dans un tube, l’argile trouve sa forme finale, entre linéarité parfaite et affaissement inévitable.

Les œuvres de Manoela Medeiros frappent par la subtilité de leur rapport à l’espace, dont elles semblent être les plaies poétiques et mélancoliques. Loin d’un esprit pop, de l’arrachage des affiches et des calembours visuels créés par la juxtaposition des lambeaux d’affiches de Mimmo Rotella ou de Jacques Villeglé, les fragments arrachés et rassemblés sur ces châssis de plâtre proviennent de murs réels : ce sont des vestiges collectés dans des bâtiments abandonnés. Prélèvement ou biopsie de gravats, cette archéologie de l’habitat exploite la poussière et le résidu, mettant simultanément en évidence présence et absence des occupants successifs.

Sa pratique artistique applique parfois cette méthode de l’écaillage à des formes et à des éléments géométriques en dialogue direct avec un angle, une surface ou encore un recoin d’architecture. Ces « déplacements d’espace » semblent matérialiser une méthode de collecte des couches de poussière accumulées par le temps.

Le spectateur est inconsciemment familier de cette tendance à vouloir sauver les traces du passé, indépendamment de la disparition inéluctable et programmée du bâti. Le travail de Manoela Medeiros n’est d’ailleurs pas sans rappeler la dépose des fresques anciennes, et les teintes de ses compositions accidentelles, la beauté fanée des luxuriantes ordonnances antiques. Les peintures murales des villas romaines, rassemblées dans les musées, ne sont pas même l’ombre de ce qu’elles ont été, et la dimension archéologique du travail de Manoela Medeiros semble relever d’une même tendance performative à vouloir combattre le temps : une démarche fastidieuse, bien qu’invisible, dont l’absurdité semble renforcer la force poétique. Le champ lexical de la ruine est d’ailleurs celui que l’artiste privilégie pour titrer ses oeuvres : Hiatus (2015) ou Déplacement d’espace (2015) mettent en évidence la notion d’absence. L’action semble ici située dans un temps qui succède à l’humanité ou dans une architecture résiduelle, appelée elle aussi à disparaître.

Matthieu Lelièvre

Biographie

Manoela Medeiros travaille à Rio de Janeiro, Paris et Marseille. Elle s’attache dans son travail par différents mediums et plus spécifiquement la sculpture, la peinture, la performance et l’installation à articuler les relations entre le langage, la nature et la ruine. Manoela Medeiros a étudié à l’EAV Parque Lage (Rio de Janeiro, 2009 et 2015) et à l’École des Beaux Arts (Paris, 2012). Elle participe activement à des expositions et résidences variées (par exemple à La Cité des Arts à Paris, 2019-2018). Elle est aussi co-fondatrice de l’espace Átomos à Rio de Janeiro au Brésil.

Expositions Individuelles (Sélection)

2019: Sourronding-world, Kunsthal (Gent, 2019)
2019: L’être Dissout Dans Le Monde, Chloé Salgado (Paris)
2017: Poeira Varrida, Galeria Fortes D’Aloia & Gabriel, São Paulo, BR
2017: Falling Walls, Double V Gallery, Marseille, FR
2016: Instruções para construção de uma Ruína, Casamata (Rio de
Janeiro)

Expositions Collectives (Sélection)

2019: Exposition Présidentielle de la Design Parade Toulon
2018: Espaces Témoins, Praz Delavallade, Paris, FR
2018: A Invenção do Dia Claro, Cavalo, Rio de Janeiro, BR
2018: Elogios da Cor, Carbono, São Paulo, BR
2017: Prix Jeune Création, Thaddeus Ropac, Paris, FR
2017: Ma, Luciana Carvello, Rio de Janeiro, BR
2017: 62 Salon de Montrouge, Le Beffroi, Montrouge, FR
2017: Micro Salon #7, L’insable, Paris, FR

D’origine suédo-chilienne, Anton Alvarez est diplômé du Royal College of Art de Londres en 2012. L’artiste-designer a préalablement étudié l’ébénisterie avant de suivre une formation d’architecture d’intérieur et de design à Konstfack. Ses travaux se concentrent sur la création de systèmes, d’outils et de processus pour la production d’objets et d’architecture. La production d’Anton Alvarez a été exposée internationalement, notamment des solo shows au Salon94 de New-York, au Xue Xue Institute de Taipei et à la galerie Libby Sellers à Londres. Il réside actuellement à la Fondation Archie Bray dans le Montana, aux États-Unis.

Depuis quelques années, il explore la céramique à l’aide de sa machine à extruder.

Formation

2010–2012: Royal College of Art (MFA), London, England,
2006-2009: Konstfack (BFA), Stockholm, Sweden,
2004–2006: Stenebyskolan, Cabinetmaking, Dals Långed, Sweden,

Expositions Personnelles (selection)

2019: L’Ultima Cera, Church San Bernardino alle Monache, Milano, Italy
2018: Visual Vertigo, Espace Muraille, Geneva, Switzerland
2017: To plan the unexpected, Gallery Christian Larsen, Stockholm, Sweden
Tropicana (together with Jonathan Trayte), Christie’s, London, UK
Uppsala Darling (together with Lisa Stenberg), Uppsala
Konstmuseum, Uppsala, Sweden
2016: In Search of the Unknown, Gallery Machado-Muñoz, Madrid, Spain
Alphabet Aerobics, National Centre for Cra$ and Design, Sleaford, UK
How Long is a Piece of Thread, Xue Xue institute, Taipei, Taiwan

Expositions Collectives (selection)

2019: Ceramic Momentum, Staging the Object, Clay Keramikmuseum
Denmark, Middelfart, Denmark
Light of Chile, 193 Gallery, Paris, France
2018: The Most Real Thing: contemporary textiles and sculpture, New Art Centre,
Roche Court, England
Unsighted, Milan, Italy
MDR, Collectible Art Fair, Brussels, Belgium
2017: Arcade x Christan Lersen Gallery, London, UK
The Paperweight Show, Fisher Parrish Gallery, Brooklyn New York, USA
Midtown, Salon 94, New York, USA
Scabellon, Double V Gallery, Marseille, France
2016: The Plinth Project, Etage Projects, Copenhagen, Denmark
LIFT-ON / LIFT-OFF, CRIPTA747, Turin, Italy
Color Your Life, Daelim Museum, Seoul, Korea
Örnsbergsauktionen, SFP Örnsberg, Stockholm, Sweden
2012: Contemporary Collected, Midori.so, Tokyo, Japan
Rca Collective Mmxii, DDW , Eindhoven, Holland

Né en 1983 à Montbéliard (France), Thierry Liégeois conçoit des installations et des dispositifs sonores et visuels dont le fonctionnement tant matériel que symbolique s’appuie sur plusieurs bases culturelles communes, underground ou vernaculaire. Souvent, il met en oeuvre des systèmes mécaniques (bien que narratifs, car culturellement référencés) qui transforment, traduisent ou diffusent, si ce n’est tout cela à la fois.

La disparition de l’industrie et des machines – celle qui a vu naître le rock métal, la techno et la noise – semble hanter le travail de Thierry Liegeois. Dans cette perspective, son intérêt pour les lieux au rebus, son vocabulaire plastique et les matériaux employés convergent vers la notion de fuite entropique.

photo Double V Gallery

Expositions Personnelles

2018: Sea sex and Sundgau, musée Sundgauvien et Crac Alsace. Altkirch.
2017: “Wet Hill”, Fort de Vaise/Fondation Renaud, Biennale d’art
contemporain. Lyon, France.
2017: “Rise and fall II, Unblock the horizon”, Le 19 Crac, Montbéliard, France.
2016: “Impressions de Chine”, L’attrape-couleurs, Lyon, France
“Hybristographie”, OÙ , Marseille, France.
“Glitch City”, Unicorn center for art, Beijing, Chine.
2015: “Cacography”, Lab47, Beijing, Chine.
2014: “Le syndrôme Murray Futterman”, Or nothing. Brussels, Belgique.
2013: “Rise and fall”, atelier-galerie L’oeil de boeuf. Lyon, France.
2012: “The UVS”, module Fondation Pierre Bergé-YSL, Palais de Tokyo. Paris,
France.
“Dystopia”, IAC Villeurbanne – Angle art contemporain. St-Paul-Trois-
Châteaux, France.

Expositions Collectives (sélection)

2020: Workshop COM/POST Prod, Hear Mulhouse.
2018: Les Hommes de la Mancha, commissariat Olivier Millagou, galerie
Double V, Marseille.
“Jörmungandr Hybraxxx”, Wonder/Liebert, Bagnolet, France.
“Nightwatch, sortie de résidence”, Les Ateliers Babiole, Ivry-Sur-Seine,
France.
2017: “Mapping at last”, commissariat Léo Marin, Paris, France.
2016: “Galeristes”, avec la galerie Eric Mouchet, Carreau du temple, Paris,
France.
“Machination(s)”, commissariat Aurélie Faure, Galerie Eric Mouchet,
Paris, France.

Avec son travail de sculpteur, Ugo Schiavi ne peut se cacher d’avoir un attrait tout particulier pour la magnificence de la grande sculpture celle qui orne désormais les villes et les musées.

C’est avec des procédés de moulage, où il demande à des modèles de poser sur des monuments ornés reconnaissable dans l’espace urbain, et avec des techniques à prises rapides, résolument actuelles, qu’il en ressort un moule, avec lequel il peut rendre compte à la fois du passé historique d’un lieu, de la superbe des statues qui ont été érigées à cet endroit pour le marquer d’un événement porteur de sens, ici bien plus qu’ailleurs, mais aussi un sentiment manifestement générationnel, qui se caractérise par « une nostalgie de l’avant ». Un romantisme du 21ème siècle.

Le traitement de la forme, proche de la ruine et du décombre, que donne Ugo aux tirages en béton qui découlent de ces moules, nous poussent à investiguer ces sculptures qui nous font face. Proviennent-elles réellement de décombres urbains ? D’autres artistes ne s’étant pas privés dans la pratique du glanage, c’est une question qui se pose jusqu’au moment où l’on se rend compte qu’une partie de ce fragment relève du vivant, de l’actuel non de l’accidentel.

Ugo Schiavi - Les mains de Jeanne d’Arc, 2019
Ugo Schiavi – Les mains de Jeanne d’Arc, 2019

Formation
2009-2011:DNSEP VILLA ARSON – Ecole Nationale Supérieure d’Art, Nice

Expositions Personnelles – Sélection

2019: ET IN ARCADIA… Carte blanche à UGO SCHIAVI, Musée des Beaux-Arts, Orléans, Fr
2018: RUDUS, RUDERIS. , Double V Gallery, Marseille, France
2017: Uprising, The Pill gallery, Istanbul, Turquie
2016: Rebuscadores de oro, El Parche, Bogota, Colombia
2015: Battlefiel, The Little Red Shcool house, Eden, North Carolina, USA
Z (avec Ken Sortais), Usine Utopik, Tessy-sur-vire, Normandie, France
2014: Face Nord, SNAP gallery, Lyon, France
2012: Looters will be shot (avec Thomas Teurlai), Galerie de la Marine, Nice, France

Expositions Collectives – Sélection

2018: Eidetik, la galerie Particulière, Paris
2017: Prix des ateliers de la ville de Marseille, Friche belle de Mai, Marseille
Scabellon, Double V Gallery, Marseille
2016: Memento, Double V Gallery, Marseille
EDEN, Aperture gallery, New York
Une Inconnue d’Avance, Villa Emerige, Paris
Generosity, galerie XPO, Paris
Dogwood, Cité Internationale Des Arts, Paris
2015: Ad Hoc, La station, Nice
Seine Saint-Denis Style, G8, Cité Des Arts, Paris
Premières Lignes, Hotel des Arts, Toulon
2014: Gestalt, MAMAC, Nice
2013: Des corps compétents, Villa Arson, Nice
Saison 17, Lieu Commun, Toulouse
Festinova, Tbilissi, Géorgie
Festival des arts éphémères, Marseille
2012: Sunshine and Precipitation, Catalyst Arts, Belfast, Irlande
WATT , La Station, Nice
Demain c’est loin, Villa Arson, Nice

Thomas Teurlai a achevé en 2011 ses études à la Villa Arson avec les honneurs du protocole scolaire et le respect de ses professeurs. Depuis, et avec la radicalité qui le caractérise, il n’a eu de cesse de poursuivre, en Europe comme aux États- Unis, son parcours en un incessant va-et-vient entre la friche insalubre et le white cube institutionnel – du Palais de Tokyo à une usine de poissons désaffectée au fin fond de l’Islande, par exemple. Souvent, des fluides, des courants, des masses, des réactions mécaniques et chimiques y rentrent en conflit dans les décors restreints ou immenses de ruines contemporaines, reliques des nouveaux espaces sans qualité.

Il serait difficile de nier que les ruines occupent une place de plus en plus grande dans l’imaginaire de notre temps. Il serait tout aussi difficile de nier que Thomas Teurlai fait bien partie de ce temps-ci. La beauté et la poésie des marges sont à l’oeuvre dans sa pratique, l’altérité de matériaux zombies, dont il force les secondes vies aussi. Comme on découvre à l’école les propriétés musculaires d’un cadavre de batracien en le parcourant d’un faible courant électrique, Thomas Teurlai pointe les arcanes désenchantées de notre société à la dérive en réinjectant dans ses rebuts l’énergie qui l’a depuis bien longtemps quittée.

Ugo Schiavi et Thomas Teurlai - Loots, 2019
Ugo Schiavi et Thomas Teurlai – Loots, 2019. photo Double V Gallery

Expositions Collectives

2014: Nouvelles de la Kula, Le CAP St-font, Lyon, France.
Unitasking, Temporary Gallery, Cologne, Allemagne.
2013: 0,00 euros, La Gad, Marseille, France.
La sympathie des horloges, ESAAA, Annecy, France.
La Palissade, ENSBA, Lyon, France.
Petit Bassin, La friche Lamartine, Lyon, France.
2012: Le Trou, aout 2012, Villa Bernasconi, Genève,Suisse.
Looters will be shot, Galerie de la marine, 0ctobre-Janvier 2013,
Nice, France.
2011: Laboratorium, Arles, France.
Hanibal der blau reiter, Vorchau space, Munchen, Allemagne.
Fransoziche stunden, 2011, Der frei klasse, Munchen, Allemagne.
Mauvais coups pour trois fois rien, 2011, Hangar Alstom, Nantes,
France.
2010: Pig-it, Villa Arson, Nizza, France.
2009: Cerise, 2009, Gallerie carre,Nantes, France.
2007: Retinal persistance, 2007, The lo$ building, 3627 NE 1st Street,
Miami, USA.
345 Elder, 2007, The broadway space, New-York, USA.

Expositions Personnelles

2014: L’état du ciel, Module de la fondation Pierre Bergé-Palais de Tokyo,
Paris
Pas encore de titre, Fondazionne Sandretto, Turin, Italie.
2013: Camping Sauvage, Niaga, Sénégal.
2012: Chopper Desk, The fish Factory, Stodvarfjordur, Islande.
2011: Ex-votos, Nathan Koestlin Gallery, Berlin, Allemagne.
Klaus Nomi auf L.S.D., Picto,Geneve , Suisse.

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