lundi 19 juillet 2021

Mimosa Echard cet été à la Collection Lambert – Avignon


Du 25 juin au 26 septembre 2021, la Collection Lambert accueille Mimosa Echard pour une exposition personnelle. Elle occupera les 600 m2 au premier étage de l’hôtel de Montfaucon avec une installation inédite, conçue pour les espaces du musée…

On a évoqué plusieurs fois ici le travail singulier de Mimosa Echard et notamment sa participation à l’édition 2020 du Festival Viva Villa ! « Les vies minuscules » qui a malheureusement été très confidentielle suite aux contraintes imposées par le gouvernement.

Après son séjour à la Villa Kujoyama, Mimosa Echard présentait alors une vidéo Without you réalisée à partir d’images retrouvées du film POM, fiction fantastique dans laquelle Mimosa et ses amis d’enfance sont acteurs. Montée comme un vidéoclip, sur une musique de Raphaël Henard, elle déconstruisait le tube Without you de Mariah Carey.

Cette vidéo accompagnait la série « Powder room » est réalisée à partir de pages de magazine japonais sur les techniques de maquillage et la préparation d’un mariage qui avait été exposée originalement dans le bar du photographe Kai Fusayoshi, figure emblématique de la scène artistique de Kyoto et de la contre-culture japonaise…

On se souvient également de « A/B », sa série de tableaux-collectes que l’on avait pu voir à la Friche dans « Par hasard » et au Mrac à Sérignan dans le dernier accrochage des collections signé par Sandra Patron et aujourd’hui dans « La vie dans l’espace ».

Mimosa Echard – A/B23, 2016 – Accrochage des collections 2019- 2020 au Mrac
Mimosa Echard – A/B23, 2016 – Accrochage des collections 2019- 2020 au Mrac

Une très étrange installation Sans titre ouvrait l’an dernier la section Métamorphoses et devenir monstre de « Street Trash : L’effet spécial de la sculpture », exposition imaginée par Amandine Guruceaga et Benjamin Marianne pour la Friche la Belle de Mai.

Mimosa Echard - Sans titre, 2020 - Street Trash - Friche La Belle de Mai
Mimosa Echard – Sans titre, 2020 – Street Trash – Friche La Belle de Mai

On se rappelle aussi de sa collaboration avec Michel Blazy pour Kombucha — pataugeoire (2017) présenté par Victorine Grataloup et Diane Turquety chez Mécènes du sud Montpellier-Sète ou encore de sa présence dans « Pré-capital — Formes populaires et rurales dans l’art contemporain » à La Panacée en 2017 et dans « La Saga II » à la Double V Gallery à Marseille.

Mimosa Echard & Michel BlazyKombucha – pataugeoire, 2017 – « Aube immédiate, vents tièdes » Mécènes du sud Montpellier-Sète et Mimosa ÉchardI still Dream Of Orgonon, 2016 – La Saga II – Double V Gallery –

Et bien entendu, on ne peut oublier sa remarquable installation Océans (Pyjama) en vitrauphanie sur la façade du MO.CO. Hôtel des collections pour son inauguration en 2019…

Mimosa Echard Océans (Pyjama), 2019 - MO.CO. Hôtel des collections - Montpellier © Mimosa Echard
Mimosa Echard Océans (Pyjama), 2019 – MO.CO. Hôtel des collections – Montpellier © Mimosa Echard

En mars, Mimosa Echard présentait « Numbs », une première exposition personnelle à la Galerie Chantal Crousel qui a particulièrement retenu l’attention. Peu avant, l’artiste accordait un entretien à Manifesto XXI qui mérite d’être lu pour celles et ceux qui méconnaissent son travail.

On attend donc avec curiosité et intérêt de découvrir l’installation que Mimosa Echard prépare pour la Collection Lambert et les œuvres qui seront produites à cette occasion. On souhaite qu’elle sache déjouer les nombreux pièges des espaces au premier étage de l’hôtel de Montfaucon et en particulier la lumière complexe et changeante qui baigne ces deux salles en « L »…

Mimosa EchardNumbs, vue de l’installation à la Galerie Chantal Crousel, 2021 © Aurélien Mole – o0ll0o, 2018 © Mimosa Echard – Pretty Anna, 2018 (détail de l’installation) © Jinho Kim et Pulsion Potion, 2017 (détail de l’installation) © Rob Harris

Commissariat de Stéphane Ibars, directeur artistique délégué de la Collection Lambert.

Avec en exergue une citation du roman Les Guérillères de Monique Wittig, on lira ci-dessous la présentation du projet extraite des documents de presse.

Chronique à suivre…

En savoir plus :
Sur le site de la Collection Lambert
Suivre l’actualité de la Collection Lambert sur Facebook et Instagram
Sur le site de Mimosa Echard
Mimosa Echard sur Instagram
Mimosa Echard sur le site de la Galerie Chantal Crousel
Lire son interview dans Manifesto XXI
Le regard de Laure Jaumouillé sur « Numbs » dans Point Contemporain

​Mimosa Echard à la Collection Lambert : Présentation du projet

Elles disent que la déesse Eristikos a une tête d’épingle et des yeux jaunes.
Elles disent que ce qu’aime la déesse Eristikos, ce sont les parfums.
Pour l’honorer on porte à même la peau des vêtements faits d’herbes odorantes.
On les enflamme la nuit venue en mettant le feu à chaque brin.
Elles sont disposées en cercle, leurs vêtements dans l’obscurité sont incandescents.
Monique Wittig, Les Guérillères.

(…)

Peau de mouton, noyaux de cerises, perles en verre, paillettes, fleurs de châtaigniers, fleurs de Clitoria ternatea, coupures de journaux, écharpe synthétique, lycra, laque, acrylique, gloss – les éléments qui composent les œuvres de de Mimosa Échard se frottent, s’absorbent, se dissolvent, se mêlent, luttent, vivent et meurent en un seul et même instant suspendu, si bien que les agencements imaginés par l’artiste semblent n’apparaître que dans un des états possibles de leur vie sensible, capturés dans de véritables aires de transition. Ces associations de matières, de substances ou de potions prélevées à même des mondes que le temps et l’espace semblaient avoir séparés à jamais dans nos esprits résonnent avec le Statement de Lawrence Weiner qui accueille le visiteur depuis la cour de l’Hôtel de Caumont — PLOMB FER-BLANC ET MERCURE RÔTI À POINT.

À la vue de ses œuvres, il naît en nous quelque chose qui relève d’un désir étrange pour ce spectacle sophistiqué(1) où l’organique, l’artificiel et le sauvage s’imbriquent en des formes hybrides et troublantes, où une vision du monde aussi effrayante qu’élégante s’offre à nous.

Sorcellerie, syncrétisme New Age, Do it yourself punk et cyber-résistance sont autant de compagnons de routes de ces contes enchâssés qui révèlent une obsession quasi érotique pour la catastrophe engendrée par le cauchemar climatisé et s’imposent avec une jubilation inouïe comme les contestations mythiques et réelles de l’espace où nous vivons(2).

Stéphane Ibars

(1) J.G Ballard, La foire aux atrocités.
(2) Michel Foucault, Les hétérotopies.

Mimosa Echard - Numbs, 2021 (détail)
Mimosa Echard – Numbs, 2021 (détail)

Repères biographiques

Mimosa Echard (née en 1986) est diplômée de l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs de Paris en 2010. Elle a exposé son travail dans des lieux de renommée internationale : l’ACCA-Australian center for Contemporary Art, Melbourne (2020), le Musée d’Art Moderne de Paris (2019) ; Dortmunder Kunstverein, (2019) ; Platform-L Contemporary Art Center, Séoul (2018) ; Palais de Tokyo, Paris (2019, 2017) ; Cell Project Space Gallery, Londres (2017). Ses oeuvres figurent entre autres dans les collections du CNAP, du Musée d’Art Moderne de Paris, de la Fondation Vuitton, de la Fondation d’entreprise Galeries Lafayette, de la Fondation Samdani Art, de la Fondation Ettore Fico, de l’IAC Villeurbanne/Rhône-Alpes, du FRAC Corse, et du Frac Île-de-France. L’artiste vit et travaille à Paris.

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